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IMBIKY ANACLET SUR LA RECONCILIATION NATIONALE : « Elle ne devrait pas être seulement sur les lèvres »

IMBIKY ANACLET SUR LA RECONCILIATION NATIONALE : « Elle ne devrait pas être seulement sur les lèvres »

La réconciliation nationale ne signifie pas impunité, précise le juriste.

Longtemps après son adoption au niveau des deux Chambres du parlement et après l’avis de la Haute cour constitutionnelle sur sa conformité avec la Constitution en vigueur, la loi sur la réconciliation nationale tarde pratiquement à être effective.

« Le décret sur la nomination des membres du Comité de sélection des acteurs qui vont composer le Conseil du Fampihavanana malagasy (CFM) est déjà sorti. Il reste à savoir si le président de la République a déjà procédé à cette nomination», a déclaré Imbiky Anaclet, un des experts chargés de l’élaboration de l’avant-projet de loi sur l’entité responsable de la réconciliation. Pour rappel, le CFM nouvelle version est composé de 33 conseillers dont 11 désignés par le Chef de l’Etat. « Une volonté politique est requise pour la mise en œuvre de la réconciliation. Ce concept ne devrait pas être seulement sur les lèvres», a expliqué notre interlocuteur. Les nouvelles structures de la réconciliation ne devraient pas se limiter au niveau national mais se rapprocher des communautés locales, c’est-à-dire dans les communes et dans les régions, a-t-il précisé. «Ces structures locales sont vraiment déterminantes pour la réconciliation communautaire dans le cadre des conflits tribaux ou fonciers. Ces structures de base sont les plus aptes à comprendre les problèmes dans le fond et à connaître les solutions adéquates», estime-t-il.

Espérons

Pourtant, la réconciliation nationale ne signifie pas impunité, précise le juriste. Pour cet expert chargé de l’élaboration de l’avant-projet de loi sur le CFM, la réconciliation se focalisera sur quatre principaux volets. «Les acteurs politiques malgaches doivent se réconcilier, et cette réconciliation ne devra pas se limiter aux anciens dirigeants, mais s’étendra vers tous les acteurs politiques nationaux», a-t-il expliqué quant à la dimension politique.  Par ailleurs, les Malgaches devraient se réconcilier avec leur propre histoire. Qu’on le veuille ou non, de petites guerres de royauté d’autrefois continuent à affecter l’unité nationale. «Une réconciliation sociale est incontournable », poursuit cet ancien ministre de la Justice. D’après ses explications, une certaine discrimination ethnique et des conflits entre castes (andriana et andevo) persistent jusqu’à ce jour. Il y a également la réconciliation économique. «Le déséquilibre régional a crée des sentiments de jalousie dans les cœurs des populations de plusieurs régions. En effet, une poignée de gens ont la mainmise sur l’économie et exploitent le reste des citoyens. Ils contrôlent également le pouvoir puisqu’à Madagascar, remporter une élection est facile quand on est prêt à y mettre le prix » a-t-il indiqué. En tout cas, tout dépend de la volonté politique des dirigeants qui ont le dernier mot sur le processus de la réconciliation nationale. Espérons que cette réconciliation n’est pas une stratégie pour éliminer certains adversaires politiques potentiels aux élections mais une initiative pour assainir la société et le monde politique à Madagascar.

J.Harisoa

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