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Chronique : excursion linguistique

Dans son supplément au dernier numéro de l’année, le journal Courrier international propose de découvrir,  «dans un désordre parfaitement subjectif», «les mots des autres», des mots qui n’ont pas d’équivalent en français. Du pouvoir à la fuite en passant par la colère ou l’amour, le lecteur est convié à un voyage peu ordinaire, à partir de mots qui racontent un monde qui résiste à la tentation de l’uniformisation véhiculée par le globish. Voyez plutôt.

Dans la rubrique amour, l’argot sénégalais livre une perle que nous saurons tous apprécier malgré les kilomètres qui nous séparent de Dakar : «le Mbaraan est l’art d’avoir plusieurs amants à la fois, de batifoler et de se faire «cadeauter», par des messieurs aisés de préférence». Saluons au passage le néologisme «cadeauter» qui témoigne, si on en doutait, de la vivacité de la francophonie loin des salons parisiens.

«Les mots des autres» nous apprennent aussi qu’un dictionnaire de la corruption a été récemment publié au Mexique. Le Corrupcionario [mot-valise associant corruption et dictionnaire] rend compte de la créativité des Mexicains. Partageons le plaisir d’une plongée dans ce dictionnaire original.

Au Mexique, un aviador (aviateur) est «une personne qui figure dans un organigramme et touche un salaire sans venir travailler» ; un borrego (âne) est «une personne qui est emmenée en autocar pour participer à une manifestation ou pour voter en échange d’un sandwich et d’un soda» ; un mordelon est «un policier qui vous demande vos papiers et ne vous les rend que moyennant paiement ou qui accepte de l’argent pour dissimuler une infraction». Pour qui ne connaît pas le Mexique, ces mots sont très exotiques. Mais le dépaysement linguistique est de courte durée tant la réalité que décrivent ces mots nous est familière.

Un dernier mot pour terminer ce bref aperçu, il doit vous suggérer un plus long voyage au pays des mots. Voici donc Fernweh ; en allemand il signifie «l’envie de prendre le large».

Kemba Ranavela

 

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