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Chronique : hep, taxi !

Les vieux chauffeurs de taxi de Tananarive se souviennent du temps où le tarif de la course était déterminé par l’altitude du quartier où le client voulait se rendre. Grimper sur les hauteurs de la capitale, «haute ville», revenait plus cher qu’un trajet en ville basse. Aujourd’ hui, de nombreux autres paramètres entrent en jeu quand le client discute le prix de la course mais le chauffeur de taxi rechigne souvent à l’idée de forcer le moteur de sa vieille guimbarde pour qu’elle atteigne poussivement les magnifiques points de vue de la haute ville.

Il y a longtemps que la haute ville n’est plus cette citadelle qui surplombait le Betsimitatatra. Mais c’est encore une ville dans la ville, protégée de l’activité grouillante de la ville basse par une frontière invisible. Haute ville, ville basse : est-ce par hasard, par coïncidence ou par emprunt linguistique que nous partageons avec nos voisins réunionnais cette façon de situer un quartier selon qu’on se trouve dans les hauts ou dans les bas de la cité ?

D’abord accrochée aux pans de la colline, la ville basse s’est progressivement déployée dans la plaine jusqu’à s’étendre dans ce que nous appelons maintenant les bas quartiers. Il y a donc des quartiers plus bas que d’autres dans la ville basse. Une belle averse orageuse affectera tous les quartiers de la ville basse mais une fois la pluie passée, les moins bien lotis resteront les pieds dans l’eau encore longtemps. Et quelle eau…

S’il redoute de tomber en panne sèche en haute ville, le chauffeur de taxi aime encore moins conduire un client dans les bas quartiers (non, on ne dit pas «un bas quartier»), parce qu’il risque de s’embourber ou de noyer son moteur bien sûr, mais pas seulement : la réputation des habitants des bas quartiers, les plus jeunes notamment, est à l’image des rues de la ville basse pendant une méchante averse orageuse.

Kemba Ranavela

 

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