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Madagascar il y a 100 ans : un engagé volontaire

On nous écrit :

Ankorabé, 20 mars 1917.

La semaine dernière, nous avons eu la douleur de perdre notre chef de poste d’Ivondro, commis auxiliaire des Services civils, M. Leymarie.

Nous avons été fort surpris de voir que les journaux de Tamatave avaient gardé un silence absolu sur cet événement qui, à notre humble avis, méritait cependant d’attirer l’attention publique, et surtout celle de la presse, le défunt ayant été correspondant de certains journaux. Mais ce n’est pas à ce dernier point de vue que sa mort méritait d’être signalée.

Ex-sergent-major d’infanterie, la déclaration de guerre, en 1914, l’a trouvé dans notre colonie, où il résidait depuis plusieurs années.

N’écoutant que son dévouement à la France et en dépit de ses soixante ans passés, M. Leymarie n’a pas hésité à reprendre du service, et à partir pour le front. Il a donné ainsi une cinglante leçon de patriotisme à ceux de ses confrères de la presse, qui, se tenant à l’abri des balles allemandes, – soit par impossibilités physiques, soit par sursis piteusement sollicités et accordés, – n’ont cessé de clamer que tous les Français se trouvant à Madagascar à quelque titre que ce soit, fussent, sans retard, envoyés au front – tous – EXCEPTÉ EUX.

Mais après plusieurs mois passés dans la boue des tranchées, où il a contracté des maladies inévitables à son âge, et en plus, avoir été blessé, M. Leymarie a été renvoyé dans la colonie, qui, en récompense de ses services, l’a nommé commis auxiliaire des Services civils et lui a confié le poste d’Ivondro, où la maladie est venue le reprendre pour le conduire au tombeau.

Ses funérailles, très modestes, ont passé inaperçues comme sa mort.

Est-ce que les poilus, revenus du front, ne seraient plus dignes des acclamations qui ont salué leur départ ??!

Ce n’est pas bien encourageant pour ceux qui, à leur tour, se trouvent ou partent sur le front.

P.

Le Tamatave prie son correspondant de l’excuser s’il n’a point parlé de la mort de M. Leymarie, car il n’en a eu connaissance que par la lettre ci-dessus qu’il se fait un devoir de publier.

Le Tamatave

www.bibliothequemalgache.com

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