Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Chronique : la côte, combien de divisions ?

La semaine passée, de nombreux événements étaient organisés pour le 70ème anniversaire du 29 mars 1947. Deux colloques notamment, «29 mars 1947-2017 : historiographie et mémoire» à l’université d’Antananarivo et «1947-2017 : pour un Etat malgache : libre et indépendant» à l’Académie Malgache, pour faire un état des lieux des connaissances sur ce que nous appelons affaire, événements, insurrection, rébellion, soulèvement, insurrection ou lutte de libération. Cette semaine fut de ces moments précieux où l’actualité nous invite à prendre le temps de la réflexion, toujours bienvenue.

L’opinion commune associe de manière confuse les oppositions du MDRM et du PADESM au clivage merina/ côtiers dont avait profité l’administration coloniale. Pour les uns, le clivage aurait préexisté à la colonisation, pour les autres, c’est l’administration coloniale qui l’a créé. Les colloques, les débats et les émissions proposées par les médias auront permis, il faut l’espérer, d’apporter un éclairage nécessaire sur le 29 mars 1947 et «de contribuer à conjurer les démons du défaut de mémoire vive» comme le suggérait Raymond Ranjeva dans son allocution à l’Académie Malgache.

N’étant pas encore née en 1947, comme la plupart des Malgaches, je ne peux qu’imaginer ce qu’était la réalité de l’opposition hauts plateaux/côtiers telle qu’on la vivait dans la première moitié du XXème siècle. Je sais en revanche qu’en 2017, nous incluons presque naturellement cette dimension dans notre identité même si nous condamnons vigoureusement la « politique des races » désormais révolue et toute lecture ethniciste du pays.

Se définir comme côtier, c’est annoncer qu’on n’est pas merina, ni betsileo d’ailleurs, ce qui géographiquement peut aisément se comprendre. Qu’en est-il du Bara, du Bezanozano, du Sihanaka, du Tanala, du Tsimihety ? Que signifie être côtier aujourd’hui ? 70 ans après le 29 mars 1947, c’est une question qui mérite d’être soulevée.

Kemba Ranavela

 

Les commentaires sont fermées.