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ACD : le faux débat sur la souveraineté nationale

ACD  : le faux débat sur la souveraineté nationale

Noro Andriamamonjiarison, présidente du Groupement des entreprises de Madagascar (Gem) était l’invitée de l’émission « Ambarao » sur Alliance 92 hier. Une occasion pour cet opérateur de faire un tour sur la santé de l’économie nationale actuelle et notamment sur le sujet brûlant de l’Advance cargo declaration (ACD).

Alors que les initiateurs du système ACD persistent dans son application au niveau des ports malgaches, le secteur privé déplore l’absence de toute concertation alors qu’une structure de dialogue public-privé a déjà été mise en place. «L’appel d’offres qui a permis à ATPMS de signer un contrat pour mettre en place ce système n’est pas transparent car il n’a pas respecté certaines règles régissant les marchés publics», a soulevé Noro Andriamamonjiarison.

«Quand ils ont commencé à mettre en place le système, on s’est rendu compte qu’il y avait un manque de professionnalisme : factures pratiquement faites sur des bouts de papier, aucune mention légale. Mais surtout, le plus grave, c’est qu’on a demandé à ce qu’on vire les paiements sur un compte à Dubaï. C’est complètement incompréhensible que dans un système censé sécuriser les ports à Madagascar, on doive payer une redevance ailleurs. En plus c’est interdit car les facturations à Madagascar  doivent se faire en ariary», a-t-elle déploré.

Elle n’a en tout cas pas caché ses inquiétudes quant au budget d’utilisation de ces redevances : il y en avait pour des centaines de millions de consultance, d’achat d’ordinateurs, de voitures…

Souveraineté nationale ?

En effet, pour justifier la mise en place d’un tel système, il n’est pas rare de voir dans la presse des communications soutenant l’initiative. « On ne sait pas si ces groupuscules qui publient des communiqués dans les journaux existent vraiment. Mais il est regrettable qu’à Madagascar, dès qu’il s’agit de parler de bonne gouvernance et de transparence, on en appelle tout de suite à la souveraineté nationale. Cela veut-il dire laissez-nous voler sur notre territoire ou détourner l’argent du contribuable souverainement ? Non. Il y a des règles claires de respect des marchés publics, de transparence et on doit les respecter », a-t-elle déclaré.

Pour cet opérateur, il ne faut pas se tromper de combat. Elle soutient effectivement que « La souveraineté de Madagascar, ce serait déjà de pouvoir assurer à manger pour les 22 millions de Malgaches et de ne pas avoir un taux de pauvreté de 73%, une honte pour ce pays. On ne peut pas se targuer de respecter la souveraineté alors que par ailleurs, on n’a pas forcément fait tout ce qu’il fallait pour lutter contre la pauvreté, pour essayer de sortir ce pays de l’ornière où il est et que par ailleurs on demande quand même l’appui des bailleurs de fonds ».

Quid de l’engagement de l’Etat ?

Un argument est souvent avancé pour justifier l’application de l’ACD : « Parce qu’il n’y a pas l’ACD, la douane n’est pas payée, il y a un écart de 40% entre les marchandises qui entrent à Madagascar et les  marchandises déclarées ».

Mais Noro Andriamamonjiarison estime face à cette circonstance que la responsabilité de l’Etat est entièrement engagée même s’il y a des prestataires privés. L’on entend souvent les médias révéler des cas où des containers sont  entrés au port et ressortis sans avoir payé le moindre droit de douane. « Personne ne peut faire cela sans avoir une prérogative de personne publique. Il faut bien répartir les responsabilités. Bien sûr, la douane n’est pas parfaite, le prestataire en place n’est pas parfait. Mais il y a aussi des personnes de l’Etat qui utilisent la douane comme source de financement personnel et ça, quel que soit le prestataire, ça va toujours continuer s’il n’y a pas volonté d’arrêter », a-t-elle estimé.

Dialogue public privé

Faisant référence au dialogue public-privé, notre interlocuteur constate que les résultats sur terrain diffèrent en fonction des ministres, par exemple. Si certains s’affichent ouverts à toute proposition, d’autres ont déjà asservi leurs idées et veulent tout simplement que le secteur privé valide en quelque sorte ce qu’ils ont prévu. «Le dialogue c’est savoir déjà écouter l’autre et  voir comment peut-on améliorer éventuellement le projet qu’on a formé auparavant», a-t-elle conclu.

Arh.

 

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