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EDITO : Pour que le business continue !

L’interpellation de Claudine Razaimamonjy, alors qu’elle était en train d’assister à un événement sportif, alimente toutes les conversations. Il n’y a rien d’étonnant à cela puisque ce n’est pas tous les jours qu’une personne protégée par de très hautes personnalités, par des responsables étatiques toujours en exercice, fait l’objet de telles mesures. En effet, étant donné les pratiques qui prévalent à Madagascar, notamment le népotisme et les divers passe-droits, une frange d’individus privilégiés bénéficient toujours de la protection des dirigeants qui se succèdent.  Si sous cette IVe République ce sont « les copains et les coquins », on les appelait les « Tiko boys » durant le régime de Marc Ravalomanana. Mais quelle que soit leur dénomination, ces « chouchous » des hauts dirigeants peuvent tout se permettre. Qu’ils soient des membres de la famille de ces derniers, des proches ou des relations d’affaires, ils sont intouchables. Et gare à ceux qui auraient l’outrecuidance d’enfreindre cette règle tacite. L’on se rappelle ainsi que le mandat d’arrêt lancé à l’endroit de Claudine Razaimamonjy à l’instigation de Jean Ravelonarivo a coûté à ce dernier son poste de Premier ministre.  Il y a eu également cette sanction prise à l’encontre des Inspecteurs généraux de l’Etat qui  ont osé procéder à des enquêtes sur une suspicion de détournement de deniers publics à Ambohimahamasina, une affaire au sein de laquelle les principaux suspects étaient… Claudine Razaimamonjy et l’actuel Premier ministre Mahafaly Olivier Solonandrasana.

Pour en revenir à cette arrestation de Claudine Razaimamonjy, d’aucuns pensent qu’elle a sans doute un rapport avec cette malversation financière. Toutefois, la population ne peut s’empêcher d’être sceptique. En fait, ce fol espoir selon lequel cette mesure pourrait être le début de l’application de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit risque d’être anéanti d’ici peu par les instances judiciaires. En effet, quelles que soient les preuves présentées devant la justice et si évidentes que soient les manœuvres frauduleuses qui ont été perpétrées par les suspects, un verdict de clémence, voire un classement sans suite de ce dossier pour « insuffisance de charges », pourrait être prononcé à l’égard de ces derniers. Cela, bien entendu, au cas où cette interpellation mènerait les présumés coupables devant la barre. Ce qui n’est pas sûr étant donné les hautes protections et les pouvoirs entre leurs mains. A moins qu’ils ne soient en train d’être lâchés par leurs défenseurs.

En effet, même entre « copains et coquins », on peut quelquefois ne plus s’entendre, auquel cas les anciens « alliés » se transforment rapidement en boucs émissaires, afin que le business puisse continuer en toute quiétude.

N. Randria

 

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