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Pérégrinations hebdomadaires : semaine de carême sans contrition ni pénitence

Rien ne va plus ! Et pourtant les jeux continuent. Les joueurs ne s’amusent peut-être  pas. Comme s’ils ne prenaient pas conscience de la gravité de la situation, ils ne paraissent même pas s’obliger à des opérations pour tenter de sauver leur mise, à l’inverse persévèrent dans les mêmes erreurs jusqu’ici stériles, faisant fi de l’adage «l’erreur est humaine, persévérer est diabolique».

Depuis le temps que ça fume ça finit par sentir le cramé. Lorsque le torchon brûle entre les deux organes (Justice et Police) en charge de veiller sur le respect des lois et au maintien de l’ordre, le système vacille : péril à la fois pour l’Etat et pour le Droit. Le 29 Mars menace de ne pas servir de commémoration pour appeler à plus de réflexion sur le sens du patriotisme et sur les obligations qui en découlent faites d’élévation citoyenne et de sacrifices civils. Les scènes de guéguerre politicienne ne connaissant pas de trêve donnent au contraire le spectacle annonciateur d’une société en déliquescence où tout va à vau-l’eau et que seul domine l’égoïsme dans des luttes autour de positions partisanes au service de profits particuliers. Bel exemple pour susciter de seuls réflexes typés de corporatisme.

L’ordre au banc des accusés

Le procès de membres des forces de police accusés du meurtre d’un magistrat dévoile au grand jour un litige pas réglé entre magistrats et policiers. Le public fait au dessus de cette procédure judiciaire en cours, le procès de «l’ordre» mettant aux prises magistrats et policiers. Les événements qui se sont déroulés à Antsakabary donnent du corps à ce procès qu’entreprend le public. Nombreux témoignages narrent des exactions au compte des forces de l’ordre. Hasardeux de qualifier «bestial» le comportement excessif de certains agents, toutefois des séquelles physiques parlent de traitement inhumain, celui subi par de simples gens en prime de l’incendie ayant calciné leurs habitations dont les résultats des enquêtes se font attendre. Les dégâts sont importants, il est essentiel d’apporter réparation à ces dommages, mais les remèdes ne s’arrêtent pas aux réparations matérielles. Cette triste actualité doit prêter de la part du pouvoir l’occasion de faire amende honorable et d’apporter sévère correction aux déviances constatées empruntées par le système, afin que le vœu d’un «plus jamais ça» ne reste pieux et ne devienne lettre morte. A ce sujet l’opinion épingle aussi les magistrats.

Normal s’ils forment bloc pour défendre l’un des leurs tombé sous de brutalités policières, moins normal qu’ils n’aient auparavant manifesté qu’indifférence quand  nombreux autres anonymes externes à leur corporation ont perdu la vie dans des circonstances identiques. La vie d’un manant ne vaut peut-être pas le prix de celle des seigneurs du système, il n’en reste pas moins que même une sérieuse suspicion reposant sur un tissu de témoignages fiables et sur un faisceau de lourdes preuves, ne dispense pas du bénéfice d’une présomption d’innocence tout individu poursuivi, assuré ainsi d’une protection contre toute exécution sommaire d’une peine décidée de façon expéditive et illégale par une populace en furie ou par des reîtres mal embouchés.

 La peur du gendarme constitue un garde-fou nécessaire malgré la tendance qui prêche l’idéal d’une complicité entre population et force de l’ordre. Cette complicité ne ferait que dans l’hypocrisie, quand dans la société court la mauvaise réputation des cachots et violons : à ce qui se raconte, dans ces lieux là on ne torture plus, on ne passe plus à tabac, on tabasse tout simplement. De l’autre côté du manche le salut se trouve à apprendre à encaisser et à savoir se gendarmer pour mieux la boucler. Des bobos, boursoufflures ou autres bleus si apparents soient-ils, personne n’y prête attention même en cas de déferrement.

D’ingratitude ou de manque de chance la police est mal récompensée. Sort cette affaire d’expulsion de ressortissants turcs en situation illégale certes mais qui a duré des années, signe de dysfonctionnement dans l’administration policière gardienne de la régularité de circulation d’étrangers à l’intérieur des frontières. La police ne trouve grâce aux yeux de la population, l’opinion cherche à y redire même lorsqu’elle développe des opérations de séduction. Elle manifeste des efforts par le recrutement  d’innombrables bleus qu’elle déploie visibles dans les rues. L’opinion y décèle davantage un procédé  pour faire spectacle que l’expression d’une recherche d’efficacité. Dix agents qui s’époumonent dans un concert de sifflets au carrefour ne débloquent pas une circulation paralysée. La population attend surtout des ilotiers pour draguer les quartiers insécurisés et les ruelles mal famées afin de parvenir sinon à terroriser les mauvais garçons du moins à les dissuader d’y trainer aux aguets pour repérer les conditions d’opérer des fric-frac ou à l’affût de faibles proies bonnes à détrousser voire à violenter. L’ordre ne règne que sous de fausses apparences, mais ça ne soucie pas plus que ça ces messieurs de la haute politique.

Les projets présidentiels, encore prétexte à des troubles

La politique semble se résumer à produire du spectacle par des entreprises de chantiers dont le but consiste plus à épater la galerie qu’à répondre au souci d’utilité de nécessité prioritaire. On connait l’exploitation qu’on en fait des inaugurations de telles réalisations. Celle de la bibliothèque d’Antanibarinandriana n’a pas dérogé à la règle. Diverses péripéties ont émaillé ce chantier, pouvoir central et mairie de la capitale ont rivalisé d’autorité à exercer leur droit sur les lieux. A puissances inégales se jalouser pareillement ne trouve pas grand mérite, pas plus que n’est très glorieux de faire de la victoire d’une bataille sans digne enjeu un triomphe concluant sur un défi qui signe une sorte de déclaration de guerre. La course pour la présidentielle s’engage sur promesse d’un climat délétère dans lequel querelleurs et bellicistes, connus dans leurs œuvres destructrices, s’apprêtent à s’affronter sans merci, sans profit pour le pays. Présidentielle ? Déjà la perspective d’une autre perte de temps et d’une occasion ratée de plus, sans compter les autres joyeusetés et désagréments potentiels.

Léo Raz

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