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Chronique : obligation de réserve

Dans le souci de préserver ce qu’il reste de souveraineté nationale, au nom du pouvoir le ministre de la Justice a courtoisement rappelé la règle diplomatique d’une obligation de réserve faite aux représentations étrangères en ce qui concerne les affaires internes. Un simple commentaire exprimé par l’une quelconque de ces représentations autour d’une décision de justice ou de l’adoption d’une loi ou d’un décret  constitue une maladresse, surtout quand le commentaire est susceptible de servir d’argument pour amplifier un vent de contestation.

La réciprocité est la normalité présidant aux bonnes relations. Si ça l’est permis aux pékins anonymes ou aux organes de communication, exprimer une appréciation sur le bras de fer qui oppose une juridiction américaine à la Maison Blanche à propos de l’application d’un décret interdisant l’accès du territoire US aux ressortissants de certains pays, de la part d’un membre de la représentation malgache à Washington ou d’un quelconque officiel du pouvoir à Antananarivo serait constitutif d’outrage entrainant une sévère mise au point et peut-être même provoquant des mesures de rétorsion. La réciprocité perd son sens lorsque dominent des rapports de force. Les citoyens malgaches ont à entreprendre à l’avance un hasardeux parcours semé d’obstacles pour espérer obtenir un visa leur permettant

de franchir les frontières des pays riches, on se rappelle combien le pouvoir d’une époque n’a su résister aux pressions exercées de l’extérieur afin que l’on accorde la facilité aux étrangers de n’avoir de formalités à faire qu’une fois arrivés au seuil. Aussi fragile qu’un œuf face à un bloc dur comme roc, vaine toute tentative à vouloir  refaire le monde, la sagesse conseille à en apprendre règles et manières, afin de connaitre le mode de s’y adapter. Rien de pire que de se présenter en bonnes mises mais avec mentalité et posture de mendiant à une table  de négociations, facilitant à l’interlocuteur de jouer le rôle du généreux. Bataille perdue à l’avance pour qui oublie qu’en la matière le sentiment n’a pas place, qu’un gratuit cache une contrepartie au prix fort. Coupables de naïveté ou de tromperie ceux qui au sortir d’un marché de dupes chantent victoire, en agitant des besaces davantage lestées de dossiers signant d’inégaux compromis « cédé-promis » que ne contenant de conventions dégageant la bonne odeur du «donnant-donnant».

Léo Raz

 

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