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Vahömbey : « La musique aura été mon meilleur rempart »

Vahömbey :  « La musique aura été mon meilleur rempart »

« Sans musique, la vie serait une erreur » disait Nietzsche. Une expression qui semble trouver toute sa signification, comparée à la longue et brillante carrière de Dieudonné Roland Rabearison, plus connu sous le nom de Vahömbey. Après quatre albums à son actif dont « Ikaky », sorti en 2009,  ses fans désespéraient d’entendre un jour de nouveaux titres inédits du groupe. Et le mal du studio a fini par prendre le dessus  sur Vahömbey, qui signe son retour avec un nouvel album fraîchement intitulé « Blues » et une série de concerts promotionnels.

« Ikaky » fait son come-back dans la sphère musicale

*Les Nouvelles : Vahömbey se définit-il comme musicien chanteur ou philosophe…

– Vahömbey : Curieux de nature, j’ai toujours été passionné par les études, les recherches et le partage d’expérience. D’où mon indéfectible intérêt pour la communication. Etant philosophe-ethnomusicologue de formation, l’humanisme est mon crédo et le questionnement identitaire malagasy, ma problématique habituelle. Au point de faire de l’ingénierie culturelle, ma profession. Artiste pluridisciplinaire, je maintiens mon équilibre grâce à la pratique régulière des arts martiaux orientaux.

*Vous avez eu musicalement une période de traversée du désert,  pour quelles raisons ?

 – En fait, ma plus grande absence sur la scène musicale se situe entre Salanitra et Bezoro. Dix ans ! De 1998 à 2008. Longue période consacrée à mon développement personnel et à mon perfectionnement professionnel. Je suis devenu plus performant par la suite. Plus confiant et mieux prêt à évoluer avec plus de maturité. Puis vint mon engagement politique que j’ai soigneusement évité de mêler à ma musique. Tentative électorale avortée. Et bruyante contestation au bout d’une période jugée suffisante d’observation respectueuse. Pour finir par m’apercevoir que la majorité de mes concitoyens se contentent de râler sans oser se révolter. La conclusion, d’elle-même, s’est imposée. Wait and see.

*Pourquoi ce retour ?

– Mettre en sourdine la politique ne peut que m’encourager à peaufiner ma carrière artistique. Désormais, j’y investis plus d’énergie. Je qualifierai de démarche dialectique ce que d’autres appelleront dents de scie. Avec mon orientation actuelle, les miens, parents et amis, sont ravis. Enfin, je ne fais que ce qui, au fond de moi-même et le plus au monde, me plaît.

*Vous avez récemment dévoilé un nouvel opus, pouvez- vous nous en dire plus ?

– Mon récent album Blues porte bien son nom. La galère en solitaire dans le maquis urbain. Mes déconvenues et mes déboires dans certains rangs de l’opposition politique m’ont valu plus d’inimitié qu’autre chose. Heureusement que j’ai gagné en lucidité ce que j’ai égaré par sincérité. Les artistes qui, ici, se reconnaîtront, et notamment la musique, auront été mes meilleurs remparts. Quant à l’accueil de l’album par le public, je crains qu’il ne soit encore trop tôt pour raisonnablement l’évaluer.

*On note que votre musique est passée d’un style « rock »  vers une tendance nettement « blues »…

 – Le « rock » est d’abord philosophie avant d’être genre musical. Et le « blues », un état d’âme avant de se décliner en musique. Les deux sont intimement liés. L’indignation et l’âpreté du rock se nourrissent de la frustration et de la névrose du blues. La frontière entre les deux est élastique. Si sur le plan musical, leurs formes semblent différer, leurs socles structurels demeurent comparables. Un rocker est quelque part bluesman. Et vice-versa.

*Prochainement en collaboration avec Libertalia Music Records, vous serez l’invité de marque pour un one-man-show…

– Je serai en one-man-show. Donc, seul sur scène. Ni autre musicien ni sampler. Comme je compte revisiter les titres-phares de chaque album, il me faut retravailler chaque détail pour restituer la fraîcheur ressentie quand ils venaient de naître. L’évolution du répertoire sera chronologique, à  savoir «Rokaroka», «Salanitra», «Bezoro», «Ikaky», «Lakalaka», «Blues» avec en prime quelques titres inédits.

*Quels sont vos futurs projets ?

  • Je n’aime pas trop dévoiler mes plans à l’avance. Ceci étant, comme je n’ai encore que 57 ans, mon avenir est toujours devant moi. Je parlerai bien volontiers de mes projets dès qu’ils seront en chantier. Wait and see.

Un album aux couleurs blues

Une année se termine et une autre commence en musique pour Vahömbey. Son 5e album fraîchement intitulé «Blues», est sorti officiellement en novembre dernier. Renfermant 7 titres, «Blues» emprunte la couleur musicale éponyme,  avec en prime une collaboration avec le jeune groupe de rappeurs «X-Crew». Cette année, il enchaîne les concerts promotionnels.

Pour ses inconditionnels admirateurs, l’interprète de «Hira Fiarenana» a donc inauguré sa tournée au Café de la Gare Soarano, le 20 janvier dernier. S’est ensuivi le 18 février un concert diurne au Baobab Rose Antsahavola, baptisé «Amour et désamour» durant lequel il a offert un après-midi émaillé de contes, de morale éducative, d’historiettes savoureuses et de dessins musicaux.

Travaillant de concert avec le label Libertalia Music Records, il donnera son one-man-show, ce samedi, au Kudeta Urban Club Anosy.  Après avoir écumé les scènes de la capitale, il sera au bercail à l’occasion d’une soirée qui aura lieu le 11 mars prochain au Pousse-Pousse Antsirabe. D’autres dates sont également à confirmer.

Page réalisée par Joachin Michaël

 

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