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Dani Rodrik : le retour des investissements publics

CAMBRIDGE – L’idée que les investissements publics dans les infrastructures (routes, barrages, centrales électriques, etc.), sont un moteur indispensable de croissance économique a toujours fortement influencé les décideurs des pays pauvres.

Elle était également à l’œuvre dans les premiers programmes d’aide au développement qui ont fait suite à la Seconde Mondiale, lorsque la Banque mondiale et les donateurs bilatéraux ont canalisé des ressources vers les pays nouvellement indépendants pour financer des projets à grande échelle. C’est cette même idée qui motive la nouvelle Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB) dirigée par la Chine, qui entend réduire un écart d’infrastructure de la région de 8 mille milliards de dollars.

Mais ce genre de modèle de croissance fondé sur les investissements publics (souvent appelé par dérision « fondamentalisme du capital »), a longtemps été à la mode parmi les experts du développement. Depuis les années 1970, les économistes ont conseillé aux décideurs de minimiser l’importance du secteur public, du capital physique et des infrastructures, pour mieux donner la priorité aux marchés privés, au capital humain (compétences et formation), ainsi qu’aux réformes en matière de gouvernance et d’institutions. De toute évidence, cela a eu pour effet de transformer en gros les stratégies de développement.

Augmentation des investissements publics

Au lieu de cela, la croissance rapide a été le résultat d’une augmentation massive des investissements publics, de 5% du PIB dans les années 1990 à 19% en 2011 : soit le troisième taux le plus élevé du monde. Le gouvernement éthiopien s’est livré à une frénésie de dépenses, dans la construction de routes, de chemins de fer, de centrales électriques et dans système de conseil agricole qui a amélioré considérablement la productivité dans les zones rurales, où vivent la plupart des pauvres. Les dépenses ont été partiellement financées par l’aide étrangère et en partie par des politiques hétérodoxes (comme la répression financière) en canalisant l’épargne privée vers le gouvernement.

En Inde, la croissance rapide est soutenue par une augmentation substantielle des investissements, qui se situe actuellement à environ un tiers du PIB. Une grande partie de cette augmentation provient de sources privées, ce qui témoigne d’une détente progressive des entraves qui pesaient sur le secteur des entreprises depuis le début des années 1980. Mais le secteur public continue de jouer un rôle important. Le gouvernement a dû intervenir suite à

l’échec des investissements privés et de la croissance des salaires nominaux au cours des dernières années.

Ces derniers temps, ce sont bien les investissements publics qui aident à maintenir la dynamique de croissance de l’Inde.

« Je pense que les deux secteurs qui freinent l’économie sont les investissements privés et les exportations, déclare le Conseiller économique en Chef du gouvernement, Arvind Subramanian. Voilà pourquoi (…) les investissements publics vont combler cet écart. »

Si l’on se tourne vers l’Amérique latine, la Bolivie est l’un des rares exportateurs de minerai qui a réussi à éviter le sort des autres pays face au ralentissement actuel du cours des matières premières. La croissance annuelle du PIB est censée rester supérieure à 4% en 2015, dans une région où la production globale est en baisse (de 0,3%, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international). Une grande partie de cela a à voir avec les investissements publics, que le Président Evo Morales considère comme le moteur de l’économie bolivienne. De 2005 à 2014, le total des investissements publics a  plus que doublé par rapport au revenu national de 6% à 13% et le gouvernement a l’intention de faire augmenter ce taux au cours des prochaines années.

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