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Chronique : Fihavanana, es-tu là ?

En 2015, le collectif de chercheurs Voankazoanala publiait un essai intitulé

« Le fihavanana en quête de renouveau », réflexion sur ce que nous présentons souvent comme un pilier majeur de notre identité. Voankazoanala rappelle que le fihavanana «n’a jamais dépassé les frontières des relations interpersonnelles et marchandes dans la limite de groupes restreints ». Un  proverbe illustre parfaitement les limites de la valeur refuge que nous voudrions nationale : « Izay iray donak’afo iray dinidinika» : ceux qui ont le même foyer ont les mêmes pensées. Au-delà des «personnes qui ont l’obligation de se respecter et de se rendre service en toutes circonstances», le fihavanana peine à se faire entendre. C’est pourtant au fihavanana qu’on s’en remet pour raffermir les liens entre Malgaches.  Avec le succès que l’on sait.

Nous nous préparions à fêter le nouvel an malgache le 28 mars prochain, à quelques jours de l’équinoxe d’automne. Nous aurons finalement deux dates cette année. L’aréopage chargé de proposer une date qui fasse consensus a choisi le mois de septembre, lohataona, à quelques jours de l’équinoxe de printemps pour célébrer le nouvel an. Ce ne serait pas la première fois que nous fêterions deux fois l’année nouvelle. On se souvient qu’en 2015, le Nouvel an avait eu lieu le 21 mars et/ou le 17 juillet.

Si l’objectif avoué du renouveau du taom-bavao malagasy est de créer du lien autour d’un événement fédérateur, la possibilité de choisir entre deux dates n’est pas de bon augure. Il y a aura au moins deux « factions » : celle de mars, celle de septembre et probablement celle des « ni…ni » qui renverra les deux premières à leur controverse. Deux dates, cela en fait une de trop.

Se mettre d’accord n’est pas évident, même au pays du fihavanana.

Kemba Ranavela

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