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Chronique : racket à bon port

Climat d’insécurité oblige, ne peut se targuer d’être « bon port » qui veut. Pour obtenir le label une condition : cracher au bassinet, tout un maillage de rançonnage qu’exigent les grandes puissances parmi lesquelles les USA. Tel est du moins l’argument qu’avance l’Agence Portuaire Maritime et Fluviale pour réactualiser une mise en application du système Advance Cargo Declaration, système tant décrié que rangé au placard. Cette prétention de l’APMF ainsi présentée contredit une communication officielle de l’Ambassade des Etats-Unis qui déclare que l’ACD ne fait pas partie des exigences pour la sécurisation du transport maritime.

Au-delà des débats que soulève cette mesure qui se résume à un moyen destiné à faire rendre gorge à la chaine allant des opérateurs jusqu’aux consommateurs, le fait d’envoyer de simples agents d’exécution au casse-pipe pour servir de bouclier à propos de dossier brûlant semble se généraliser en méthode de gouvernement, ce qui ne témoigne pas d’un courage politique.

Dans la période délicate au plus fort des délestages, las des critiques le pouvoir s’est réfugié dans le mutisme en délégant à la Jirama la charge de communiquer et ainsi d’encaisser les tombereaux de lazzis déversés par le public, comme si au-delà des circonstances particulières les délestages ne relevaient pas des conséquences d’une politique de l’énergie.

Ici pour réanimer le système ADC on mande l’APMF, une simple agence nationale, pour faire le sale boulot et recevoir les coups tant la question soulève polémique. Il n’est pas interdit du reste de s’interroger sur les raisons de cette initiative. Lors des débats qui ont abouti à l’ajournement de cette mesure, il est apparu qu’outre le fait qu’elle pénalise davantage le mécanisme des prix dont déjà souffrent et la population et l’économie, elle handicape de surcroit l’exportation qui peine suffisamment pour conquérir une place sur un marché où la concurrence est rude, alors qu’à l’inverse dans ces circonstances nombreux pays apportent des aides masquées au profit de leurs opérateurs.

Pourquoi agit-on autrement dans le pays ? La réponse se trouve dans la question, à qui donc profite l’ACD ? Démonter le système afin de faire la transparence : qui sont les percepteurs, les bénéficiaires in fine et qui au passage trouvent à se sucrer.

Léo Raz

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