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Majoritait

Majoritait

Si l’actualité politique de ce début d’année reste encore relativement pauvre, il n’en demeure pas moins que chaque semaine apporte son lot de bizarreries, de pitreries ou de situations qui, à force, prêtent plus à sourire qu’à prendre la mouche. Car si des structures comme le Conseil de la réconciliation malgache viennent, à leurs dépens, de se faire dépouiller de leur statut d’institution (c’est dire l’importance que l’on daigne accorder au processus de réconciliation), certaines entités ont tendance à devenir de vraies institutions dans le domaine de…. l’humour.

N’est-il effectivement pas risible que deux représentations de l’autorité publique, l’une au niveau gouvernemental et l’autre au niveau décentralisé, se crêpent le chignon pour quelques terrains de la capitale ? Au final, personne ne s’étonnera que les litiges fonciers aient autant la peau dure si même ceux qui sont censés être les régulateurs du secteur sont en plein conflit foncier. Et ce, même si tout le monde a bien conscience qu’au-delà de l’objet du bras-de-fer en soi, il y a une bataille d’égos et de couleurs politiques.

S’agissant d’institution, on ne pourra s’empêcher de penser – surtout pas les opposants au pouvoir en place – au fait que l’on assiste à une comédie de plus avec cette demande d’avis du Sénat à la HCC concernant la démission d’office du sénateur Lylison de René pour “absence injustifiée”. Un avis dont la teneur ne devrait laisser place à aucun suspense lorsqu’on sait que les décisions de l’instance d’Ambohidahy ont, ces derniers temps, propension à éviter soigneusement de contrarier l’Exécutif et ce, quitte à se dédire, comme cela a été le cas avec la loi sur le statut de l’opposition.

En fait, les institutions du pays fonctionnent désormais comme un seul homme et, sauf accident, tout projet de texte conçu au niveau de l’Exécutif a généralement de très fortes chances de passer comme une lettre à la poste au sein de l’Assemblée nationale et du Sénat, pour, par la suite, être sans peine déclaré conforme à la Constitution par la HCC. Oui, après de nombreux remplacements, nominations, clash, défections, trahisons, négociations, enchères et surenchères, ralliements, retournements de veste… là voilà la force du régime : une majorité écrasante au sein des institutions. Et si ce n’est pas forcément évident dans certains cas, on retiendra seulement que c’est le même bleu qui teinte les cravates des uns et les comportements des autres même si ces derniers ne veulent rien afficher.

Qu’à cela ne tienne, il n’y a vraiment pas de quoi rire pour la véritable majorité, cette population qui, elle, reste bien silencieuse. Ou plutôt qui est réduite au silence par la mesure devenue permanente d’interdiction des manifestations et les menaces d’arrestation, ainsi que par le poids de la vie faite de pauvreté, d’insécurité et de privations, qu’on lui fait porter. Mais viendra inéluctablement le moment où celle-ci prendra la parole et l’on verra bien si cette écrasante majorité pourra y survivre.

N.R.

 

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