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Chronique : interdit aux passagers…

Samedi noir à Anjozorobe. Sur la route de la festivité et du bonheur, enivrés par cette  joie et cet enthousiasme déferlant de ramener à la maison, au village certes et avec beaucoup de fierté, les nouveaux mariés ainsi que toute la famille ne savaient pas qu’ils entament ensemble, serrés les uns contre les autres à bord d’un camion de marchandises leur dernière heure d’existence. Le virage de la mort les attendait au tournant. Une descente aux  «enfers » qui au bout du terminus éternel, la mort vous délivrera le ticket vers l’au-delà, l’acte de révérence… pour tout le monde.

Sur la route d’Anjozorobe, au crépuscule du dimanche, au lieu du klaxon, le glas a sonné. La mort a frappé fort et n’a laissé aucune chance au grand nombre des passagers, hommes, dames, enfants, parents, épouses, époux, fils, filles, cousins, cousines… Le ciel est tombé sur leur tête. Les nouveaux mariés par la force des choses et selon la volonté du destin passaient leur nuit de noces dans l’autre monde. Rester unis devant Dieu et les hommes même dans  la mort. Vive les mariés !

Personne n’a choisi de naître, mais personne ne souhaite mourir de la sorte.  Dans une pareille circonstance… impuissants face à la mort, les Malgaches s’en remettent toujours en dernier recours à Dieu  le miséricordieux. C’est écrit et c’est la volonté de là-haut, dit-on dans nos formules de consolations et de condoléances. Soit une telle épreuve risque d’ébranler votre foi, soit elle la fortifie davantage.

Mais, ne pourrait-on pas éviter une telle tragédie en appliquant juste les codes de la route et la loi régissant le transport terrestre ? « Interdit aux passagers », écrit sur les deux côtés d’un camion ou des véhicules, est l’indication stricte que le véhicule ne transporte pas de passagers, ni un groupe de personnes ni les membres de toute une famille. Mais ce jour-là, une cinquantaine de personnes, des parents avec leurs enfants…ont embarqué dans un camion. Et la majorité d’entre elles ne sont jamais arrivées à bon port.

Des gabegies et des laisser-aller dans le domaine du transport font coûter la vie à des plusieurs personnes à Madagascar. Chaque année, plusieurs accidents mortels se produisent fréquemment sur les routes nationales à cause du non respect des textes en vigueur. Comment se fait-il qu’un camion « bourré » de passagers puisse passer inaperçu devant les différents postes de contrôle, de Talatavolonondry à Anjozorobe ? C’est tout bêtement insensé vu que les véhicules transportant des marchandises sont interdits aux passagers.

Andry Rabeson

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