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Promotion de la lecture : la politique nationale du livre, une priorité

Promotion de la lecture  : la politique nationale du livre, une priorité

L’industrie de l’édition à Madagascar cherche à se redynamiser dans un contexte où le taux de consultation des livres est actuellement de 8,7%, selon une récente étude. La persistance du déversement de dons de livres venant de l’extérieur, l’absence d’une politique nationale de lecture publique et la faiblesse de la diffusion des livres figurent parmi les points de blocage, selon Marie Michèle Razafintsalama, présidente de l’Association des éditeurs de Madagascar (Aedim).

Marie Michele Razafintsalama   « Il n’y a aucun soutien de l’Etat, ni aucune politique publique du livre… »

*Les Nouvelles : Dans un premier temps, pouvez-vous présenter l’AEdim et ses missions fondatrices ?

– Marie Michèle : L’Association des éditeurs de Madagascar, regroupant les dix principales maisons d’édition malgaches, a vu le jour en mars 2010. Elle a comme mission de favoriser l’émergence d’une industrie du livre malgache. Elle appuie le développement et la valorisation de l’édition au niveau national par le biais d’activités diversifiées pour répondre aux besoins de la population malgache. Le souci de vulgariser la lecture et l’écrit auprès d’une frange importante de la population malgache est motivé par un désir de rendre les connaissances et les savoirs accessibles à un public large.

*Ses objectifs…

– Ces principaux objectifs visent à renforcer les compétences du milieu de l’édition, promouvoir l’édition malgache aux niveau national, régional et international, contribuer à l’amélioration de l’éducation, à l’accès de la population aux écrits et au développement de la population malgache en offrant des ouvrages adaptés à ses besoins. Contribuer à la valorisation des auteurs et leurs écrits et lutter contre toute forme de censure.

*Quel bilan tirez-vous de l’année qui vient de s’écouler ?

– L’agenda de l’association a été plus ou moins chargé l’année dernière. Il y a eu les activités dans le cadre du XVIe Sommet de la Francophonie, la venue de l’auteur congolais, Prix du Lauréat des Cinq Continents, In Koli Jean Bofane, qui a fait plusieurs rencontres avec des lycéens et le public malgache autour de son roman intitulé « Congo Inc, Le testament de Bismark ». C’est une activité que nous avons organisée en collaboration avec l’Institut français de Madagascar. Ensuite, nous avons élaboré une formation sur l’édition numérique en octobre dernier. Ces deux activités ont été soutenues par l’OIF et l’IFM. Il y a eu aussi la 12e foire du livre d’Antananarivo, organisée autour de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. C’est une activité qui permet aux éditeurs de montrer les nouveautés et de valoriser leurs auteurs.

*Et les activités à l’échelle internationale…

– Dans la foulée, il y a eu trois séries de conférence organisées en France pour la diaspora dans le dessein de faire connaître la situation de l’édition et monter des partenariats avec les Malgaches de l’hexagone pour la promotion de la lecture, mais aussi pour la diffusion des livres malgaches à l’extérieur afin que les enfants de la diaspora puissent lire en langue malgache.

*Force est de constater que le secteur du livre et de l’édition est morose au pays…

– Malheureusement, les nouvelles publications sont rares et presque inexistantes depuis 2009. Beaucoup d’éditeurs se contentent de rééditer les publications déjà disponibles et les tirages tendent à baisser. Les prix des livres ont tendance à augmenter car les coûts des tirages restent toujours élevés vu que les intrants sont toujours importés et taxés. Seules les publications pour la jeunesse restent stables car il y a quelques activités qui sont initiées pour encourager la lecture.

On peut citer les rencontres d’auteur organisées dans les écoles publiques, la Bibliothèque des rues mise sur pied par 6 associations à Antananarivo pour les enfants des rues depuis 2016 et les malles ambulantes en milieu rural. De plus en plus d’associations soutiennent actuellement les bibliothèques où  elles renforcent la présence de l’édition locale car les besoins en langue malgache sont les plus demandés. L’action Bibliothèque des rues sera étendue à partir de cette année aux associations membres de la Plateforme de la Société civile pour l’enfance qui s’occupent des enfants et jeunes défavorisés, grâce au soutien de la BFV-SG. Les activités réalisées sont très satisfaisantes car on sent que la promotion de la lecture porte ses fruits.

*Et quelles perspectives pour 2017 ?

– L’association doit renouveler son Bureau exécutif avant de dresser les perspectives 2017.

*Comment voyez-vous l’avenir du livre à Madagascar ?

– La situation de l’édition reste difficile car il n’y a aucun soutien de l’Etat pour développer l’édition, ni aucune politique publique de la lecture qui permet d’écouler le livre édité à Madagascar et la persistance du déversement de dons de livres venant de l’extérieur qui a des impacts négatifs sur le développement de l’édition malgache et sur la lecture. La faiblesse de la diffusion des livres freine aussi son développement. Beaucoup d’endroits n’ont pas de points de vente de livres dans l’île et la majorité de la population ne connaît pas les productions existantes.  L’association a développé plusieurs partenariats pour dynamiser le secteur, mais beaucoup d’actions restent à faire.

*Que pensez-vous de l’édition numérique et qu’en est-il pour Madagascar ?

– L’édition numérique est une tendance en pleine expansion dans les pays occidentaux. L’édition papier pose des problèmes par sa diffusion et l’édition numérique peut être une solution dans la diffusion de livres dans les pays du Sud. C’est pour cela que l’association a organisé la session de formation sur l’édition numérique en octobre dernier car les éditeurs malgaches ne connaissent pas encore cette forme d’édition.

*Avez-vous des projets sur ce sujet ?

Quelques projets de lecture numérique sont déjà en place dans notre pays, mais sans aucun contenu local pour la plupart. Les éditeurs doivent proposer des contenus adaptés aux besoins. Un projet est déjà en place depuis 2010 avec des livres locaux et un autre est en cours à partir de cette année avec les oeuvres d’une maison d’édition. La commercialisation des livres en numérique attendra la possibilité des ventes en ligne.

Page réalisée par Joachin Michaël

 

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