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Chronique : l’injustice faite institution

Il est parfois des circonstances où l’on souffre de devoir faire preuve d’objectivité. On se plait à qualifier universelles les valeurs dominantes souvent on tire des exemples de leurs applications dans l’Occident pour en illustrer les mérites. La démarche inverse, celle qui consiste à dénoncer une utilisation grave à contre-sens, relève d’un exercice autrement plus périlleux, apparenté à l’impudence d’un disciple qui prétend tancer le maître. Pareillement à ce que décrit Coluche par un pastiche de déclaration de l’égalité : «nous sommes tous égaux mais certains sont plus égaux que d’autres», une insidieuse nuance accompagne toujours dans le vécu la notion d’universalité des valeurs : certains en sont plus propriétaires que d’autres. Soit ! Cela n’empêche que les propriétaires de deuxième catégorie ont le droit de l’ouvrir pour relever des outrances observées dans les systèmes dominants.

Il ne s’agit pas du reste de crier scandale mais de constater le scandale comme celui de la «condamnation» qui exfiltre Madame Christine Lagarde de l’enfer des damnations. La Cour déclare qu’elle a fauté, mais en considération de la réputation dont elle jouit (présomption de blancheur persistante), aucune peine ne lui sera infligée et la sentence ne sera pas inscrite au fichier individuel comme si la faute était plus vénielle que d’autres commises par des voleurs de poule. Cette personnalité avait dans ses fonctions la garde des finances de l’Etat, sa responsabilité y trouve au moins autant d’importance que celle d’un gardien de chambre de coffres à devoir n’en laisser trainer les clés. Symptomatique et peu pédagogue du point de vue d’un renforcement de crédibilité en faveur du système judiciaire, qu’un haut responsable public renvoie à un organe privé le soin de juger d’un contentieux qui met de gros intérêts de l’Etat en jeu. Dans la même logique cette éminente experte aux compétences reconnues, couronnée par une accession au sommet du FMI, a négligé d’exercer des recours contre une décision d’arbitrage sur laquelle planent de sérieuses réserves. Certes négligence et malhonnêteté ne relèvent pas du même registre, mais malgré une présomption d’innocence, en raison des poursuites maintenues contre un certain Cahuzac, on n’aurait pas tort de penser que les finances publiques de la France n’ont pas joué de chance ces dernières décennies.

Dans un tout autre domaine, mais toujours relatif à l’argent et concernant le gotha planétaire, n’en déplaise à ses millions de fans, on ne peut taire les tours de passe-passe opérés par Christiano Ronaldo. Les boulets de plomb qu’il traine aux pieds ne lui ont pas interdit le sacre de «pied d’or» ou autre «ballon d’or». En prime il jouit d’une réputation d’un cœur d’or, quelques centaines de milliers d’euros consacrés chaque année à des œuvres humanitaires. Image dorée, face cachée ! Trente millions d’euros escamotés au fisc, ce qui d’après les mauvaises langues aux longues oreilles, ne représentent que la partie visible d’un réseau sous-terrain où tous les chemins mènent à des paradis fiscaux.

Facile de relever ces sortes de ratés sous d’autres cieux, alors que chez soi dans le genre les ordures jonchent la vie (autant que la voie) publique. Oui missié, seulement il ne s’agit pas de ratés, c’est la règle. On partage les mêmes valeurs (universelles, non ?), de nature conservateur, de peur de les élimer trop vite on les revêt à l’envers.

Léo Raz

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