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Comptes de fées

Comptes de fées

Deux jours. C’est le temps imparti aux actuels tenants du pouvoir pour convaincre bailleurs et investisseurs, les uns d’injecter des fonds dans la réalisation de la kyrielle de projets de développement en mal de financement, les autres de venir s’implanter au pays et y créer de la valeur ajoutée. Si l’opportunité de cette approche ne doit souffrir d’aucune remise en question, étant donné tous les problèmes recensés sur tout le territoire, beaucoup trouvent à redire en ce qui concerne les motivations ainsi que l’état d’esprit général dans lequel la partie malgache aborde cette conférence.

Et pour cause, les autorités – le chef de l’Etat en premier – se sont maintes fois enorgueillies d’avoir réussi là où leurs prédécesseurs ont échoué en accomplissant un certain nombre de projets pour le bien-être de la population qu’elles considèrent d’ailleurs comme loin d’être pauvre. Du moins, plus autant qu’avant. La vision de la réalité étant définitivement aux antipodes pour les dirigeants et les gouvernés, tant et si bien que ces derniers semblent finalement ne rien espérer des 3,4 milliards de dollars attendus. Les plus fervents détracteurs du régime vont même jusqu’à faire le rapprochement avec les élections de 2018 car, si cette manne financière est accordée, les fameux projets de développement serviront l’image et les intérêts du pouvoir en place le moment venu. De toute façon, quitte à se flagorner, les partisans de la défunte autorité transitoire continuent de se féliciter, à tort ou à raison, d’avoir pu, sans aide étrangère, normalement gérer les finances publiques et ce, tout en continuant à investir dans la construction d’infrastructures et à honorer le paiement de la dette extérieure…

En termes d’IDE, beaucoup s’interrogent sur les arguments que l’on servira aux investisseurs étrangers, entre l’insécurité, les problèmes fonciers, le coût des investissements à Madagascar où il faut mobiliser des millions pour la construction d’infrastructures avant de pouvoir effectivement opérer les défaillances du secteur énergétique, un système fiscal qui rebute encore plus d’un car marqué par les harcèlements fréquents. D’ailleurs, il semblerait que le secteur privé n’ait jamais autant élevé la voix que ces dernières années  pour condamner ces redressements fiscaux à outrance, ou encore pour dénoncer les textes et autres mesures antiéconomiques que les autorités ont voulu imposer.

Somme toute, la magie des discours propagandistes et autres promesses n’opère plus auprès de la population qui, tout en se rendant à l’évidence que rien ne changera comme par enchantement, garde en mémoire qu’on ne prête généralement qu’aux riches. Et que lorsque viendra l’heure de faire les comptes, l’addition s’avèrera bien salée.

N.R.

 

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