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Francophonisation : ouverture ou exclusion sociale ?

6% de la population maîtrisent le français; 15,87 % pratiquent le français occasionnellement, plus de 90% des Malgaches ne parlent que le malgache, 0,57 % de la population parle uniquement le français.

« La langue française à Madagascar est-elle une ouverture sur le monde ou un outil d’exclusion socio-politique et culturelle ? », tel est le thème développé par les jeunes concernant   le réseau Donak’afo ny tanora (Data), organisé hier au Café de la gare de  Soarano par la fondation Friedrich Ebert (FES). Un débat animé par Elia Ravelomananatsoa, membre du conseil d’orientation du Sommet de la Francophonie, Hermerson Andrianetrazafy, historien et artiste plasticien, Ralison Randriamandrato, coordonnateur du Sefafi et de Ludonie Velotrasina, médiateur culturel.

L’inégalité sociale a immédiatement été évoquée par les panélistes durant le débat. En effet, la classe dirigeante, aisée et porteuse de décision politique est regroupée dans la minorité francophone et le reste, notamment ceux en position de faiblesse économique et sociale, parle exclusivement malgache.

Insécurité linguistique

Le médiateur culturel, Ludonie Velotrasina parle alors d’« insécurité linguistique ». En effet, plusieurs citoyens malgaches entrent dans un bureau et se retrouvent terrorisés par les diverses paperasses rédigées en langue française.

Pour l’historien Hemerson Andrianetrazafy, « La langue française, voire la culture française, a été tout simplement imposée de force aux Malgaches ». De  telle sorte que les séquelles se sont fait ressentir après l’indépendance. « Et c’est le cas des différents régimes mis en place », a-t-il ironisé.

Elia Ravelomanantsoa précise de son côté que, « C’est l’éducation mise en place à Madagascar qui est facteur d’exclusion ». La FES souligne d’ailleurs que, « La langue malgache en tant que langue nationale cherche encore sa place dans le système d’éducation, d’enseignement et de l’administration à Madagascar ». Le  coordonateur du Sefafi, Ralison Randriamandranto a fait savoir que, « La connaissance d’une langue autre que la langue maternelle est toujours nécessaire pour s’ ouvrir au reste du monde ».

La problématique se pose ainsi à tous les acteurs en cette période du Sommet de la Francophonie. L’objectif du débat était de favoriser la prise de conscience des Malgaches francophones face aux inégalités sociales d’une part, et faciliter les réflexions sur la francophonisation d’autre part.

Tahina Navalona

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