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Chronique : toutes les données sont bonnes à prendre

Il ne faut pas faire les choses à moitié, rabâche-t-on comme un leitmotiv. S’il y a des domaines où le message ne passe pas très bien, il en est d’autres qui compensent largement la demi-mesure des mauvais élèves. Le recensement et la collecte de données en donnent une curieuse illustration.

On s’est habitué à considérer l’appartenance confessionnelle comme relevant de la sphère publique. Notez que la libre pensée, l’agnosticisme ou pire, l’athéisme, ne figurent pas dans les données recevables.

L’appartenance ethnique n’a jamais été confinée à la sphère privée, pas plus que le groupe statutaire qui assigne l’individu à un milieu, bien mieux qu’un curriculum vitae. Ces données n’ont de caractère folklorique que pour les touristes venus chercher chez les gens du Sud l’authenticité que ceux du Nord auraient perdue. Rien de très original jusqu’ici.

Pendant longtemps l’administration a hésité sur l’attitude à suivre : prendre exemple sur le recensement à la manière traditionnelle ou s’inspirer des «nom, prénom et qualités» qui ne déclinent pas la même identité et ne racontent pas la même histoire.

Le match se joue tous les jours et aujourd’hui, l’administration prend quelques longueurs d’avance avec des formulaires qui paraissent exhumés des bureaux des démocraties populaires du siècle dernier. Sur les listes des élèves demandés par la circonscription scolaire d’Antananarivo doivent être mentionnés les nom et prénom des parents, leur profession, le numéro de leur carte d’identité nationale et celui de leur affiliation à la Cnaps. Les parents apprécieront cette intrusion dans les détails de leur vie, informations fondamentales qui contribueront peut-être à améliorer le système éducatif. Voilà pourquoi il ne faut pas faire les choses à moitié.

Kemba Ranavela

 

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