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Vindictes populaires : le CNIDH se dit préoccupé

Vindictes populaires  : le CNIDH se dit préoccupé

Les commissaires aux droits de l’Homme s’inquiètent de la tournure prise par les vindictes populaires. L’agitation populaire ces derniers jours dont les illustrations se propagent dans plusieurs localités du pays indiquent en effet que la population commence à se faire justice elle-même.

«Depuis le mois de septembre 2016, le phénomène a connu une ampleur encore plus effrayante, avec une dizaine de cas signalés, faisant quarante-six morts en deux mois », note le communiqué de la Commission nationale indépendante des droits de l’ Homme (CNIDH), hier. Le groupe indique que l’ ampleur de ces faits est « préoccupante ». D’autant que, « non seulement, leur nombre a augmenté, mais les régions touchées se sont de surcroît multipliées », indique les commissaires en notant que « La pratique risque fort d’être banalisée si des mesures d’urgence ne sont pas prises ».

Effectivement, ces derniers temps, plusieurs cas de lynchage ont été répertoriés à travers le pays. Le cas de Mananjary a fait couler beaucoup d’encre. Dans cette localité, une femme  de 67 ans s’est fait lyncher pour avoir profané un lieu culte dans la région des Antambahoaka. A Sambava, auparavant, un présumé voleur a été roué de coups par une foule en colère. Des individus ont envahi la brigade territoriale de la gendarmerie, ainsi que la prison. Des habitations de gendarmes en ont fait les frais. Bilan : des maisons incendiées, pillées et vandalisées et il y a eu des blessés.

Maux

En tout cas, ces vindictes populaires ne sont que le résultat de la culture d’ impunité favorisée par la corruption, les interventions des hauts responsables civils et militaires, le  corporatisme, le régionalisme et le tribalisme, la « solidarité politique »,  les représailles, intimidations, le « terrorisme politique et juridique », la perte de confiance de la population  vis-à-vis des institutions et particulièrement la Justice et les forces de l’ordre ou encore les   « Dina » non homologués qui permettent la mise à mort de « présumés coupables ». Autant de maux qui font que la population n’a plus foi en la justice.

Face à ces situations, le groupe appelle ainsi les autorités étatiques à prendre des mesures d’urgence pour stopper ces pratiques et les encourage à poursuivre la prise de sanctions exemplaires à l’ encontre des agents « corrompus ». La CINDH incite aussi les organisations de la Société civile à développer l’ éducation citoyenne notamment sur le respect et la défense du droit à la vie.

J.P

 

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