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Pérégrinations hebdomadaires : J-2

Derniers préparatifs avant l’Evénement. On aurait mauvaise grâce à faire la fine bouche à vouloir minimiser l’importance de la tenue du Sommet de l’O.I.F. dans le pays. Accueillir tant de hôtes de marque, se trouver au centre de l’actualité sous les sunlights des médias d’une centaine de pays et d’organisations internationales, ne constituent pas une opportunité insignifiante, ne pas la mettre à profit ferait commettre une lourde erreur. En tirer profit ? C’est que tout le monde le voudrait bien, mais au sujet de la  détermination de l’objet du profit apparaissent les divergences. Les acteurs politiques semblent en priorité se préoccuper de calculs politiciens, comme si les petits profits particuliers devaient vider de tout sens l’intérêt général. De son côté la population se sachant être abandonnée à elle-même, absorbée à devoir résoudre au jour le jour les difficultés de la quotidienneté a fini d’accorder crédit aux gesticulations, ne fait plus grand cas du déroulement de la vie publique. Dans le grand public nombreux ne concèdent d’intérêt à l’accueil du Sommet qu’à l’égal d’une distraction qu’ offre une péripétie du «guignol» permanent. L’épisode que le public attend concerne le choc des zéros et zorros, toujours une transposition du théâtre de marionnettes, manifestants et forces de l’ordre. On ne présume pas d’un dénouement à l’identique de chez guignol où les enfants se plaisent à applaudir quand la femme bat le mari ou que le mauvais garçon rosse gendarme.

Cela prêterait presque à rire, seulement dans la réalité la situation tourne au vinaigre, comme si les gendarmes du petit théâtre se mettaient à se battre entre eux. Règlement de compte entre corps de l’ordre public, l’affiche de la semaine.

Bagarre dans la troupe,

les politiques s’en mêlent

Préférable de ne pas rentrer dans la guéguerre entre les différentes armes, il ne s’agit pas de différends profonds mais de querelles d’ados qui se la pètent à gonfler les muscles. On a l’impression que les chefs de guerre (guerre qui n’est pas et qu’ils n’ont jamais faite) n’arrivent plus à tenir la troupe. D’eux-mêmes, sans besoin d’ordre venu des sphères de la hiérarchie, des hommes de troupe prennent l’initiative d’une expédition punitive à l’extérieur de leur cantonnement. Ce n’est pas ce que l’on peut qualifier de mutinerie, mais la prise d’initiative relève de schéma identique dans les deux cas.

Parmi les versions contradictoires, on retiendrait qu’un litige opposant des agents de la police municipale dans l’exercice de leur fonction à des militaires venus à la rescousse des «veuves et orphelins» se trouve à l’origine d’un face-à-face des deux corps qui a failli tourner au vinaigre. Sans vouloir départager les camps adverses, on peut s’interroger sur les droits d’une unité de la troupe à sortir de la caserne pour entreprendre une sorte d’expédition punitive si injuste que fut l’offense subie par l’un des siens ? A ce que l’on dit lorsque l’on multiplie les unités spéciales et que l’on met en concurrence leurs chefs respectifs la guerre des polices est une conséquence inévitable. Quand on en vient à vouloir mener des raids entre corps des forces de l’ordre ça alerte. Les acteurs politiques dont le rôle est de se soucier de tels signaux d’alerte sur de graves dysfonctionnement n’ont pas raté l’occasion mais il semble bien que de ce qui a failli être une coupable bagarre de voyous on en a profité pour une exploitation de type politicien. Il n’en demeure pas moins que la manifestation caractéristique d’une indiscipline caractérisée témoigne d’une déliquescence de l’Etat et d’une grande faiblesse du pouvoir à exercer son autorité. Le pouvoir et les forces de l’ordre ont cause commune se soutenant mutuellement au point de paralyser l’ordre dans la hiérarchie d’autorité. De quoi craindre que les structures de l’Etat ne fonctionnent elles aussi dans une atmosphère d’anarchie. En contrepoint une bagarre de chiffonniers semble sauver la mise donnant l’impression d’un fonctionnement normal des institutions.

Apparence trompeuse

de normalité

Le bras de fer qu’entreprend le législatif avec l’exécutif tendrait à donner certes l’image d’un Etat qui ronronne d’un moteur qui tourne rond, et que l’on assiste

à une pratique saine du

fonctionnement normal de l’équilibre des pouvoirs. Seulement en considération de l’objet qui durcit le ton des échanges à Tsimbazaza, dans le public nombreux réduisent le spectacle à une forme de chantage ou au mieux à des scènes de marchandage.

A la veille de l’accueil du Sommet de la Francophonie, manifestement on a omis dans la préparation la recommandation de faire bonne figure aux mœurs politiques. C’est vrai que ça n’aurait pas servi à grand-chose, l’œil de Moscou (façon de parler, comme on aurait pu dire, de Washington, de Paris ou de Pékin…) présent en tout lieu, voit les moindres détails, renseigne sur tout en permanence, en attendant le bon moment pour exploiter les infos accumulées. Le pays n’a rien à cacher aux décideurs des grandes puissances, autant exposer pour les faire exploser à la face de la Francophonie les maux qui rongent le pays, ainsi pense une partie (majoritaire ou minoritaire) de la classe politique.

Léo Raz

 

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