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Chronique : politesse sans gage de bienveillance

Sincères ou non, à l’avance sont garanties les manifestations de satisfaction de l’OIF pour le bon déroulement du Sommet et celles des différentes délégations pour l’accueil qu’on leur aura réservé. A tous les participants on peut accorder la présomption de vouloir respecter le savoir-vivre du bon petit hôte. Toutefois en ce domaine les règles n’induisent ni durant le séjour une interdiction de curiosité (sous réserve de discrétion) ni par la suite une obligation de taire les fonctionnements atypiques qui singularisent le pays : des tares qui en hypothèquent la bonne marche.

Les honorables hôtes n’auront pas à fouiller les poubelles pour relever des anomalies, il leur suffit de survoler les infos que relatent les médias. Sûr que parmi les informations les nombreuses manifestations de justice populaire ne manqueront pas de retenir leur attention, d’autant plus que de ce qu’ils lisent ou qu’ils entendent il n’y a pas place au doute : une réalité des faits. En prêtant crédit à ce que rapportent les médias, fatalement on finit par s’interroger sur la perte de confiance en l’autorité de l’Etat qu’exprime la population en exécutant de tels hold-up sur le pouvoir de juger, de condamner et d’appliquer les peines.

Pour sauver la réputation faut-il exiger des médias de jeter par silence un voile pudique sur ces zones peu flatteuses ? Peu de pros accepteraient de se soumettre à faillir de la sorte à leur mission. Taire les cris de détresse d’une population en panne du bon fonctionnement de l’Etat procède d’une complicité à bâillonner le peuple qui en prime des privations matérielles souffre des initiatives destinées à le dépouiller de la liberté d’expression, même celle du droit à crier sa douleur de vivre.

Les journalistes ne font pas partie des francs-tireurs que l’on convient de qualifier «lanceurs d’alertes», en rapportant sur la place publique des faits avérés ils ne font que leur métier. Tant mieux ou tant pis si ce faisant, aux bien-pensants ils fournissent matière à réflexion et qu’à la connaissance de certaines informations s’alarme l’opinion et s’enflamme la population.

Léo Raz

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