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Hira Gasy : un patrimoine culturel immatériel à revaloriser

Hira Gasy  : un patrimoine culturel immatériel à revaloriser

Vers la fin de XVIIIe siècle, quand le grand roi Andrianampoinimerina voulait passer un message à son peuple et afin de réunir un maximum de personnes, il faisait appel à des musiciens, des danseurs et des chanteurs, et leur demandait d’insérer dans leur spectacle le message. Et c’est ainsi qu’est née le Hira Gasy qui est composé de kabary ou discours et de musique à travers le vakodrazana, sans oublier la danse, et ce mélange donne une sorte de théâtre populaire ou une opérette.

Ces artistes royaux, dénommés en ce temps là « Mpihiran’ny Andrianana », étaient en quelque sorte les messagers du roi dans le dessein d’éduquer le peuple sur un thème bien précis.  Au fil du temps, le genre a désormais perdu sa valeur. Effectivement, ce patrimoine culturel immatériel véhicule encore des messages, mais le peuple ne semble plus accorder davantage d’importance à cette musique traditionnelle malgache.

« Et, ils le savent », a déclaré Faly Andrianarivelo de Haigasy, l’organisateur du concours Hira Gasy Makotrokotroka, en collaboration avec l’Office régional du tourisme à Antananarivo (Ortana). La première cause est la puissance de la mondialisation qui diffuse et vulgarise les autres genres musicaux, surtout occidentaux, et a mis de côté cette musique. Cependant, les villageois malgaches, qui ne sont pas atteints par cet envahissement musical, continuent de la véhiculer. Et c’est ainsi qu’elle est classée actuellement  dans ce tiroir dévalorisé.

Hira Gasy Makotrokotroka

Consciente de cette situation, l’Ortana essaie de remettre en valeur ce patrimoine musical et  organise depuis sept ans, un grand concours dénommé Hira Gasy Makotrokotroka qui se déroule durant trois mois au jardin d’Andohalo. Cette année, il a débuté depuis le 17 juillet et la grande finale aura lieu, dimanche, toujours au jardin d’Andohalo.

Les deux grands finalistes sont Rafarahasimanga Georgine et Roberson Fenoarivo Be. En collaboration avec la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), le grand gagnant

« Actuellement, une soixantaine de troupes sont reconnues dans la région d’Analamanga et 35 ont un nom officiel. Cependant, 22 ont participé à ce grand concours », a affirmé notre interlocuteur. Au fait, pour connaître la meilleure troupe, l’organisateur observe le public. Ainsi, celle qui a reçu le plus d’argent durant la quête et aussi le plus d’applaudissements durant sa prestation est déclarée vainqueur. Notons que le spectacle de Hira Gasy est gratuit. « Les troupes sont souvent appelées pour animer des évènements familiaux, tels  un « Famadihana » ou une exhumation, un mariage… Sinon, elles organisent un duel verbal entre elles, qui se tient dans les petits fokontany », a-t-il expliqué.

« Si le Hira Gasy a été délaissé à une certaine époque, de nos jours, il commence à être apprécié par le public, surtout des jeunes. Plus de 800 personnes assistent à chaque spectacle », a-t-il continué. Certaines compositions ont été reprises par d’autres groupes de l’époque actuelle, comme le titre « Mpivarondamba » repris par les trois jeunes chanteuses de Randrantelo.

Liste des troupes Mpihira gasy : Besigara Ramilison, Ravalomanana, Sahavato Raedisamimanana, Razafimahandry, Tsy makalagy, kavia RasoalalaoRakotohasimbola, Rafalimanana Roberson, Jean Pierre Rakotomandimby, Ramaroson Soanierana, Rafarahasimanga, Ravelomalala, Ramanantsoa, Rafaralahy, Berthine Razafindramanga, Reveloson, Tine Rainizanabary, Solofo, Rakoto Ramiadamahefa, Ratovoson, Razakason

Les accoutrements et les accessoires

Les accoutrements utilisés par les Mpihira gasy se ressemblent tous à peu près. Les hommes sont vêtus d’un malabary, qui est normalement de couleur rouge, et d’un pantalon noir. Ils sont coiffés d’un chapeau en paille qui sert à la quête et parfois, ils utilisent un

« lambahoany » comme ceinture.  Les femmes s’habillent souvent d’une robe longue avec des couleurs vives. Ce genre de couleur a été choisi exprès, il permet de capter l’attention du public et surtout, d’attirer les passants. Leurs cheveux sont tressés,  précisément en « Tanavoho », une coupe de cheveux typiquement malgache.

Chaque troupe devra être composée d’un orchestre avec des musiciens qui jouent du tambour ou « amponga », du violon, et d’autres instruments à vent comme la trombone, la trompette, la flûte dénommée « sodina ».

La danse et le Haiady

La danse folklorique pratiquée lors du Hira Gasy est atypique. Elle est composée de plusieurs mouvements qui ressemblent vaguement à des techniques de combats. Et c’est en effet le cas. Au temps de la colonisation, il était interdit de pratiquer l’art martial malgache dénommé « Haiady ».

Pour  préserver cet art, les artistes ont décidé de le camoufler à travers cette danse traditionnelle. « C’est pour cette raison, que certaines prestations sont composées de coups de pied ou diamanga, des mouvements en duel, des acrobaties… », a confirmé Faly Andrianarivelo, un passionné de Hira Gasy. Notons que le Hira Gasy est un mélange de traditions venues de l’Asie du Sud et de l’Océanie où les mouvements des mains sont mis en avant, comme le dia soroka.

Page réalisée par : Holy Danielle

 

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