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Reflet – Violence à l’égard des enfants : les indicateurs au rouge dans l’Atsinanana

Reflet – Violence à l’égard des enfants : les indicateurs au rouge dans l’Atsinanana

Plus de 2.000 cas signalés en six mois. Cette statistique illustre l’ampleur de la violence faite aux enfants dans la région Atsinanana, laquelle affecte essentiellement les filles.

Viol, harcèlement sexuel, mariage forcé, agression physique et morale… Ce sont autant de formes de violences rapportées auprès du Réseau de protection de l’enfance (RPE) Atsinanana entre le mois de janvier et juin 2016 avec 2.207 cas au total, dont 1.337 affectent des filles mineures. A ce rythme, l’effectif de victimes enregistrées l’année dernière, qui se situait à 3.000, pourrait être multiplié par deux dans la mesure où la situation des deux derniers trimestres de l’année reste à savoir, surtout en l’absence de mesures efficaces  pour la maîtriser.

Le RPE local et le ministère de tutelle, appuyés par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), essaient de faire de leur mieux en vue de renverser cette tendance. Parmi les activités déjà entamées et en cours figurent la sensibilisation du public, notamment sur les effets néfastes du mariage précoce, ou encore la création d’activités génératrices de revenus (AGR) pour les familles vulnérables, pour les aider à mettre leurs progénitures à l’abri de toutes formes de violence.

Un travail de longue haleine

Mais il faut reconnaître qu’il reste beaucoup à faire, notamment dans le changement de comportement chez les parents. « En fait, une bonne partie des cas de violence est perpétrée par des parents ou des familles proches des victimes. Ceci peut être valable aussi bien pour les agressions physiques et morales que pour les viols ou le mariage forcé…», a fait savoir la Coordonnatrice régionale du RPE Atsinanana, Manohisoa Randriamaharivony, lors d’une rencontre avec la presse, avant-hier à Toamasina. L’assistante sociale auprès du Service de prise en charge intégrée des enfants victimes de violence sexuelle ou Centre « Vonjy » à Toamasina, qui vient d’être inauguré lundi dernier, Nicole Bakoliarisoa Ravelonarivo, a également confirmé cette réalité.

Sur ce, la statistique est éloquente. Le dernier bilan du RPE fait état de 2 fillettes sur 5 qui se marient, avec la permission ou l’obligation de leurs parents, avant d’atteindre leur majorité. « Rien que durant les six premiers mois de l’année, 81 cas de mariage précoce ont été enregistrés dans la région Atsinanana, mis à part ceux qui ne sont pas répertoriés », a informé le chef de service régional du ministère de la Population, de la protection sociale et de

la promotion de la femme (MPPSPF), Emile Mahatody. Il s’agit de mariages traditionnels, vu que les législations en vigueur interdisent l’union avec ou entre mineur. Ce phénomène risque de devenir un fléau dans cette région avec un taux de 41%.

Fahranarison

Des mineurs parmi les auteurs de viols

Le bilan fait froid dans le dos. Le Centre « Vonjy », qui vient d’être inauguré lundi dernier, a enregistré 17 cas de viols sur mineures depuis son ouverture il y a neuf mois de cela.

« Parmi les auteurs figurent des garçons âgés entre 12 et 15 ans. Ces derniers sont impliqués dans des viols collectifs sur mineures ». C’est ce qu’a informé l’une des assistantes sociales qui se chargent de

l’accompagnement psychologique des victimes auprès dudit Centre, qui fait partie intégrante du service du Centre hospitalier universitaire d’Analankininina-Toamasina (CHUAT), Nicole Bakoliarisoa Ravelonarivo, lors d’une interview.

Des cas d’inceste, impliquant les beaux-pères des victimes, dont l’âge minimum est de trois ans et demi, ou encore des petits amis qui se convertissent en violeurs en cas de refus de la part de leur partenaire…ont été également enregistrés. Malgré l’ampleur de la situation, peu de personnes osent porter plainte, notamment à cause des intimidations. Le manque de moyens empêche les parents des victimes de porter l’affaire en justice, laissant souvent place aux négociations à l’amiable. « Une triste réalité, qui ne se répétera plus grâce au Centre « Vonjy », a fait entendre notre source. Cet endroit rassemble en un même lieu tous les services de prise en charge gratuite des victimes, notamment sur le plan psychologique, médical et juridique, avec des procédures allégées et rapides.

Fahranarison

La prostitution infantile est loin d’être maîtrisée

Le pire est toujours à craindre. La prostitution infantile est loin d’être maîtrisée dans la région Atsinanana, en particulier dans la ville du Grand port, en dépit des initiatives menées pour y mettre fin. Le chef de Service auprès du ministère de la Population, de la protection sociale et de la promotion de la femme (MPPSPF), Emile Mahatody, n’a pas nié ce fait, même si aucune statistique ne relate jusqu’ici l’ampleur de la situation. « L’absence de données chiffrées sur ce sujet est justifiée par le fait que les parents ou les proches des filles victimes de ce genre d’exploitation sexuelle à des fins commerciales ne portent pas plainte auprès des autorités compétentes », a souligné ce responsable. Notre source d’enchaîner que, « Cette pratique se justifie chez la majorité des fillettes par la soif de richesse et d’argent facile »

C’est notamment le cas de ces deux filles de 17 ans, Arlette et Fideline (prénoms d’emprunt), qui ont attendu mardi dernier des clients en pleine journée, au bord de la mer de Toamasina, comme tous les jours. Ayant entré dans la prostitution à l’âge de 15 ans, cette dernière n’est pas allé par quatre chemins pour avouer qu’elle s’adonne à la prostitution pour la simple raison qu’elle ne veut pas obéir tout le temps aux ordres de ses parents. « Pour pouvoir vivre comme je veux tout en étant autonome financièrement parlant, continuer cette activité tranquillement est mon seul objectif. Ce, malgré le fait qu’on est parfois confronté à quelques problèmes, notamment des clients qui ne payent pas ou  qui payent avec des faux-billets…ou encore des viols ».

Fahranarison

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