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Reflet – Universités publiques : études et grèves vont de pair

Reflet – Universités publiques : études et grèves vont de pair

Ils sont rares les moments où il n’y a pas de manifestations durant une année universitaire au niveau des établissements publics. Des manifestations où les étudiants, le personnel administratif ainsi que les enseignants s’activent à tour de rôle pour les mener. 

La dernière en date est la grève des étudiants de l’université de Mahajanga à Ambondrona, et celle entreprise par les enseignants  de l’université de Toliara au début de cette semaine.

Pour le cas de Mahajanga, les étudiants invoquent le non-paiement de leur allocation d’études comme motif de leur manifestation. Ils ont ainsi érigé un barrage à l’entrée du campus pour empêcher les enseignants et le Personnel administratif et technique (PAT) de pénétrer dans l’enceinte de l’établissement.

Quant à celui de Toliara, ce sont plutôt les enseignants qui ont manifesté face à l’insécurité qui les menace, suite à un litige foncier ayant opposé l’université et les riverains. Selon les dires de ces enseignants, un de leurs pairs a été victime d’une attaque à main armée à son domicile de Maninday, il y a quelques semaines de cela. Mais le pire, ce dernier déclare à avoir été harcelé jusqu’à son lieu de travail.

Ainsi, les manifestants enjoignent le ministère de tutelle de se pencher sur leurs problèmes et de trouver des solutions pérennes à leurs situations respectives. En attendant, les cours ont été suspendus aussi bien à Ambondrona qu’à Maninday.

Le mouvement s’amplifie à Maninday 

Pour l’université de Toliara, la requête des enseignants s’est élargie. La réclamation des heures supplémentaires impayées vient d’étoffer leurs revendications. «Nous n’avons pas encore perçu le moindre ariary sur ces heures supplémentaires jusqu’ici. Nous avons ouï dire que la ministre arriverait prochainement pour discuter avec nous. Mais qu’elle vienne avec notre dû, sinon il n’y aura pas de discussions possibles», a averti un manifestant, joint par téléphone hier.

Dans la même foulée, ces derniers ont également évoqué  la non-considération des enseignants-chercheurs et réclament de ce fait qu’on les estime à leur juste valeur. De leur côté, les étudiants ont préféré, pour le moment, ne pas s’aligner à cette manifestation. Effectivement, ils viennent de toucher leur bourse d’un mois et la peur d’une année blanche les pousse plutôt à être prudents. Jusqu’à l’heure où nous mettons sous presse, les cours sont encore suspendus à Maninday.

Le feu couve sous les cendres à Mahajanga 

Si telle est la situation à Toliara, à Mahajanga le calme est revenu au campus et les cours ont repris. Un retour à la normale qui peut s’expliquer par le bruit qui court que tout sera réglé d’ici peu. Néanmoins, le feu couve encore sous les cendres à Ambondrona. Selon un étudiant, joint au téléphone, «notre patience a des limites. Nous reprendrons le chemin de la grève si notre requête n’obtient pas satisfaction d’ici le mois prochain».

De son côté, le président de l’université de Mahajanga, le Pr. Emmanuel Andrianony Rakotoarivony, a souligné «qu’il s’agit d’un faux prétexte, car le paiement des bourses d’études et des indemnités de stages pour les étudiants en médecine a débuté la semaine dernière. Et ce paiement suit son cours actuellement pour les autres étudiants». Il estime que, «la chasse aux branchements illicites menée la semaine dernière sur le campus d’Ambondrona  pourrait expliquer le mécontentement et le choix de se mettre en grève. Autrement dit, ce mouvement est lié au gaspillage d’électricité au sein de l’université, qui se fait de mèche avec les riverains».

Une rentrée disparate 

Perturbée par les différents troubles qui se sont succédé, la rentrée universitaire au niveau des établissements publics affiche une certaine disparité. Une situation provoquée par quelques précédentes années blanches. En effet, la date de rentrée est différente pour chaque faculté d’une même université où un décalage de plusieurs mois est parfois enregistré. A l’instar de l’université d’Antananarivo où la Faculté de médecine, qui est actuellement en train de finir son année universitaire, enregistre depuis quelques années une avance par rapport aux autres facultés, dont quelques-unes viennent à peine d’entamer le 2è semestre. Uniformiser le calendrier constitue donc un défi à relever pour chaque université, avant de penser à un calendrier unique national.

Une aubaine pour le privé 

A tout cela s’ajoute le nombre assez limité de places pour les nouveaux bacheliers, un problème récurrent dans les six universités de la Grande île, faute de nouvelles infrastructures.

L’effectif de ces nouveaux bacheliers dans tout Madagascar a connu une hausse de 10% par rapport à l’année dernière. Malheureusement, seuls 10 000 d’entre eux auront la chance d’être admis à l’université d’Antananarivo. Rien qu’à Analamanga et ses périphéries, ils ont été 36 453 à avoir obtenu leur baccalauréat cette année. Cela sans parler des autres régions. Une aubaine donc pour les institutions privées. Malheureusement, les millions d’ariary de frais d’études qu’elles exigent ne sont pas à la portée de tous. De plus, la crédibilité de certaines d’entre elles, pour ne pas dire toutes, sème le doute.

Page réalisée par Sera R

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