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Chronique : devoir d’hypocrisie

Le grand public ne comprend pas toujours le besoin que les gouvernants éprouvent d’assurer la présence d’une représentation du pays dans certains sommets internationaux. Il est sans doute légitime de s’interroger sur les intérêts que l’on a et sur l’intérêt que l’on apporte dans cette galère de la conférence portant sur le sujet épineux que posent les migrants. Il semble évident que Madagascar n’est pas directement concerné, et que l’Etat n’est pas en état d’offrir une quelconque contribution à la solution.

 Les déplacements de populations à l’intérieur de l’Île posent suffisamment problème. Les villages créés ex nihilo dans le but d’initier des mouvements de retour à la terre ont rarement réussi, plusieurs ont périclité avec le temps, certains en village fantôme, d’autres de villages pilotes après le départ des animateurs ont accumulé les tares de la pauvreté à l’égal des agglomérations avoisinantes. Le Ministère de la Population de son côté pour créer des lieux de vie aux sinistrés ne trouve de terre d’accueil que les hauteurs de Tampoketsa- lès- Ankazobe. Des terres vingt et une fois labourées par les prédécesseurs à ce ministère, à chaque fois décevant pour raison de stérilité, là-bas on ne récolte que le vent que l’on ne sème pas, et trouvent condition d’épanouissement les puces dites africaines qui aiment nidifier et pondre dans la chair de la plante des pieds. Bonjour la démarche quand on goute du plaisir de loger une ou deux mamans-puces dans les pattes.

Les habitants de la région connaissent le phénomène dahalo, nombreux malchanceux pour en avoir été victimes à tour de rôle. De la menace d’une attaque par ces bandits de grand chemin les déplacés d’Ankazobe sont épargnés. Pas folle la guêpe ! Les dahalo disposent d’un réseau de complicité pour les renseigner sur l’existence ou l’absence de butins avant d’organiser une opération. Du reste ils se dispensent bien d’information pour ne pas se hasarder à effectuer des raids sur ces sites affectés aux «populations déplacées». A mille lieux à la ronde personne n’ignore l’inhospitalité des lieux. Seul sous l’influence de leur entourage les ministres qui se succèdent s’entêtent à croire en la réussite de pareille solution de désespérance.

Léo Raz

 

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