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Reflet – Sommet de la Francophonie , Malik Sarr : «Nous ne sommes pas du tout en retard»

Le XVIème Sommet de la Francophonie en novembre à Antananarivo a été au cœur de cette interview. Le débat autour du Code de la communication médiatisée ne laisse pas non plus insensible l’Organisation francophone. Et cette dernière par le biais de son Ambassadeur et numéro un du Bureau régional manifeste sa volonté d’apporter son expertise aux professionnels des médias. 

*Les Nouvelles : De votre point de vue, à trois mois du Sommet de la Francophonie, que pensez-vous des préparatifs du côté malgache ?

-Malik Sarr : Vous savez, un rendez-vous de cette envergure, que constitue le Sommet de la Francophonie, est un défi majeur pour tous les organisateurs, qu’ils soient du Sud comme du Nord, de l’Est comme de l’Ouest, pays développés ou pays en voie de développement. Nous avons eu l’expérience car nous sommes à notre XVIème Sommet, il y a l’expérience de plusieurs pays africains qui ont organisé le Sommet. Nous avons donc l’habitude des difficultés. Comme partout ailleurs et à Madagascar aussi, il y a des difficultés liées à la logistique, liées à l’organisation en général, mais je peux vous dire que la solidarité francophone fait que Madagascar n’est pas seul dans l’organisation du Sommet. Ici encore cette solidarité francophone agit et Madagascar peut compter sur tous les Etats membres pour relever les défis. C’est un Sommet organisé à Madagascar certes, mais c’est un Sommet de toute la Francophonie.

*Justement en parlant de logistique et d’infrastructures, vous n’êtes pas inquiets de l’état d’avancement des travaux…

-Absolument pas, personnellement je suis à mon dixième Sommet dans l’Organisation. Je puis vous dire que nous ne sommes pas du tout en retard. Si vous voulez parler de la salle plénière qui est sorti de terre, en érection au niveau de la CCI d’Ivato ou du Village de la Francophonie ou des autres installations qui sont en cours de rénovation, nous n’avons pas d’inquiétude particulière. Je vous rappelle que la dernière réunion du Comité de pilotage de l’OIF qui est passé à Madagascar au mois de juin, avait fait une évaluation positive, à cette date-là. Depuis, les autorités malgaches, dont le Chef de l’Etat en tête, ont donné des instructions fermes et les travaux continuent et avancent à notre grande satisfaction. Nous n’avons pas, à ce jour, d’inquiétude particulière à avoir par rapport à l’organisation matérielle du Sommet.

*Le terrorisme frappe partout dans le monde, en Amérique, en Europe, en Asie et même en Afrique…francophone. Qu’en est-il du volet sécuritaire du sommet ?

-Comme vous l’avez si bien dit, et je vous remercie d’avoir su planter le décor, la sécurité concerne tous les continents et tous les espaces. Aujourd’hui pas un seul rassemblement humain ne peut être envisagé sans poser d’abord au préalable la question de comment s’assurer de la sécurité, que le rassemblement soit de niveau inférieur, ou anonyme, à fortiori d’un niveau de Chefs d’Etat. C’est vous dire que de la France au Canada en passant par le Burkina Faso ou le Viet Nam, et tous les autres aujourd’hui, aucun pays n’envisage un rassemblement de cette envergure sans penser à la sécurité. Comme je l’ai dit auparavant, le fondement de la Francophonie c’est la solidarité. Madagascar n’est pas seul pour organiser ce sommet, nous avons des pays qui ont des expertises reconnues dans le domaine de la sécurité et qui sont aux côtés de Madagascar pour l’aider à relever ces défis.

*Plusieurs chefs d’Etat, invités par le pays hôte sont attendus à Madagascar en novembre. Est-ce que l’OIF a des mots à dire ou des recommandations particulières sur le sujet ?

-Vous savez, exprimer la volonté d’abriter un Sommet, c’est exprimer un engagement politique. Madagascar et l’OIF sont co-organisateurs du Sommet. Dès lors Mme la Secrétaire générale de la Francophonie use aussi de son influence et de son carnet pour mobiliser le maximum de Chefs d’Etat. Je puis vous dire que depuis que Madagascar a été désigné il y a 2 ans pour abriter le Sommet, qu’il s’agisse du Chef de l’Etat de Madagascar ou de la Ministre malgache des Affaires étrangères, ou qu’il s’agisse de Mme la Secrétaire générale de la Francophonie et de tous nos réseaux, tout le monde est mobilisé pour faire de ce Sommet  un succès en terme de participation au plus haut niveau.

*Dans un tout autre domaine, le nouveau code de la communication continue encore à faire couler beaucoup d’encre. Comme les Médias occupent une place importante au sein de l’OIF, certes vous avez abordé ce sujet avec les responsables étatiques…

-Sur ce sujet, j’ai demandé à rencontrer Madame la Ministre des Affaires étrangères pour lui faire une offre. Vous savez, en tant que journaliste, qu’il y a une polémique autour du Code de la communication. Du côté de l’OIF, nous pensons d’abord que, – et c’est dommage que cela concerne la communication -, qu’il y a un déficit de communication tout simplement. Madagascar ne sera pas le dernier, ni le premier pays à vouloir réguler la presse, cela se fait partout dans le monde. La presse est régulée et s’autorégule à travers ses propres organes. Dès lors, nous pensons que c’est parce que le sujet n’a pas été suffisamment expliqué et concerté entre tous les acteurs, qu’il y a eu cette polémique. A partir du moment où maintenant la Haute Cour Constitutionnelle a validéle texte du gouvernement, je pense que tout le monde doit respecter l’instance suprême.

*Quelle est cette offre ?

-Maintenant il y a des aménagements pour parfaire car rien n’est jamais parfait. C’est pour cela que nous, dans le cadre de notre expertise propre à travers le réseau francophone des régulateurs des médias (Refram) qui réunit toutes les autorités de régulation de la communication de l’espace francophone, nous faisons une offre à Madagascar et aux professionnels pour les aider à parfaire, à améliorer et à finaliser ce texte. Car vous savez que la Haute Cour Constitutionnelle a aussi émis des recommandations.  Nous sommes prêts à accompagner le Gouvernement pour la mise en œuvre de ces recommandations.

*C’est-à-dire…

-Cela peut être simplement une expertise à la sensibilisation à une culture de la régulation des médias, y compris auprès des acteurs médiatiques eux-mêmes, pour la préparation à la rédaction des décrets d’applications,  particulièrement celui relatif à l’autorité de régulation de la communication des médias ; dans un deuxième temps, auprès de l’autorité elle-même nouvellement mise en place ; en effet, au sein de l’OIF, nous avons l’expertise pour l’aider à structurer son travail parce que c’est une nouvelle institution, à former ses membres, à l’aider à définir l‘organigramme et les profils de fonction, à définir les procédures et le respect des règles du traitement des plaintes, des litiges et infractions, des procédures contentieuses et des sanctions. Et enfin dans un troisième temps, la nouvelle autorité de régulation de communication de Madagascar pourra être intégrée à notre réseau francophone des autorités de régulation des médias, qui regroupent tous les Etats de la Francophonie.

C’est cette offre que je suis venue faire à Mme la Ministre des Affaires étrangères, en tant que Ministre de tutelle de la francophonie, en tant que Présidente de la Conférence ministérielle de la Francophonie. Nous avons des expériences dans plusieurs pays de la Francophonie où nous avons aidés à mettre les autorités de régulation en place. Les institutions fonctionnent à la satisfaction aussi bien des gouvernants que des acteurs des médias eux-mêmes.

*Sur ce point, le congrès de l’Union de la presse francophone sera au programme de ce sommet…

-Tout à fait. Vous savez, la Francophonie est un espace d’échange. Le congrès de l’Union de la Presse Francophone – UPF – est aussi l’occasion pour les journalistes malgaches de se frotter à leurs confrères venus de tout l’espace francophone, de partager les bonnes pratiques et leurs expériences pour améliorer leur fonctionnement et leurs activités. Donc nous pensons que le congrès de l’UPF sera justement une occasion pour les journalistes malgaches de découvrir ce qui se fait ailleurs en matière de régulation, l’UPF étant le creuset de toutes ces expériences.

*Devant la conjoncture actuelle, beaucoup de partis politiques, notamment les opposants au régime sont contre la tenue de ce sommet à Madagascar, ils pensent que c’est juste pour redorer l’image des dirigeants auprès de la communauté internationale, en particulier l’OIF. Votre avis ?

-Vous savez, il y a le Sommet qui est d’abord un rendez-vous diplomatique et il y a les affaires intérieures de tous les Etats. Cela aurait pu être la Caf, le concours de pétanque ou toute autre manifestation, il existe toujours dans nos pays – et là, je vous parle en tant que burkinabé – des gens qui s’expriment pour dire qu’ils sont contre telle ou telle chose. C’est cela la démocratie. Vous ne pouvez pas empêcher les gens de vouloir ou de ne pas vouloir quelque chose. En même temps, il y a des gens qui souhaitent de tout leur cœur que le rendez-vous ait lieu parce que cet évènement attirera quatre-vingt Etats et au moins 80 médias des différents pays. Madagascar va avoir des centaines de caméras braquées sur lui, ce sera aussi l’occasion pour Madagascar de montrer ce qu’ils sont, savent faire et de se montrer au monde. Le monde vient à vous et vous allez aussi au monde. C’est donc une occasion exceptionnelle pour un pays de rayonner et cela n’a pas de prix. Evidemment, comme je l’ai dit, dans tous les pays et pour des évènements de ce genre, il y a toujours des oppositions. Vous savez, la France a organisé la Cop 21, et il y a eu des oppositions. C’est comme cela. L’essentiel, je pense, c’est d’expliquer, expliquer et encore expliquer.

  Propos recueillis par JaoPatricius

 

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