Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Chronique : réchauffement du globe, attiédissement de la solidarité

Pour parler d’attiédissement, faudrait-il encore croire que les populations du globe aient manifesté une solidarité agissante entre elles. Ça l’est par saccades, particulièrement au cours de la seconde moitié du 20ième siècle, des mobilisations internationales pour venir en aide aux victimes des catastrophes naturelles. De tous temps égoïsme et quête de profits nationaux président aux relations internationales, il est même des puissances qui dans cet esprit ne répugnent pas à se transformer en catastrophe envahissant d’autres pays pour cause d’appétit. Croisades conquérantes mises de côté, il faut toutefois reconnaitre l’organisation d’une solidarité active quoique quelque peu sélective. Injuste de taire des élans de générosité parfois lourds de conséquences, la Chancelière d’Allemagne en sait quelque chose pour en avoir récemment payé le prix fort. Lors de la dernière « invasion » de l’Europe par des réfugiés elle a engagé son pays à assumer seul la conscience morale d’une Europe en panne de générosité pour cause de frilosité. Au dernier sommet du G 20 les grands ont débattu des capacités des chacun à accueillir des réfugiés. En clair cette capacité s’apprécie à l’aune d’un principe « touche pas à mon confort ».

 Fallait-il parler d’une invasion par des hordes de réfugiés ? Les images diffusées par les télévisions tendraient à le faire croire, mettant les opinions en émoi jusqu’à réveiller les vieux démons du détestable nationalisme. Les chiffres en parlent autrement. Des populations de quelques 450 millions d’individus peinent-elles à intégrer quelques 2 à 3 millions de nouveaux venus à répartir de façon équilibrée ? Un peu moins d’1/2 réfugié tout les 100 habitants.

Le nationalisme a parfois des raisons qui ignorent la raison. Les autochtones ne voient pas toujours d’un bon œil les migrants, et ce dans les deux sens.

 Les gens du sud cherchent refuge dans les pays du Nord, les gens du nord cherchent fortune dans les pays du Sud : en ce schéma grossier les populations locales résument les mouvements migratoires. Plus qu’à y déceler des apports enrichissant humainement et économiquement, les unes soupçonnent immigrés et réfugiés de venir en parasites manger de leur pain, les autres redoutent dans l’afflux d’« expats »  l’idée de renforcer l’exploitation du pays, et des expats la conviction d’être nantis d’un droit naturel de domination sur les indigènes.

Léo Raz

Les commentaires sont fermées.