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Grandes vacances : la majorité des Malgaches restent à quai

Grandes vacances : la majorité des Malgaches restent à quai

De plus en plus de Malgaches ne partent pas en vacances, faute de moyens financiers. Le faible pouvoir d’achat et l’inflation en sont les causes principales. Les impacts des crises ne sont plus à dire alors que pour différentes régions du pays, notamment Atsinanana et Boeny, les vacances sont un levier du développement économique important même si c’est pour une durée déterminée.

Privés de vacances, faute de budget

Pas besoin de chiffres et de sondages pour constater que beaucoup de Malgaches renoncent aux grandes vacances pour des raisons de budget. Et ceux qui ont la possibilité de prendre le départ, partent moins loin, moins longtemps et moins cher. Avant, se détendre loin de la ville en famille, de préférence au bord de la mer, durait au moins quelques semaines, notamment pour les enfants. Mais ce n’est plus le cas actuellement, la rentrée scolaire avec la hausse des frais de scolarité sans parler du budget nécessaire pour les fournitures scolaires.

Auparavant, envoyer les enfants prendre des vacances chez une famille ou un proche  ne posait aucun problème. Et cela, même s’ils n’étaient pas accompagnés de leurs parents. L’époque des bonnes relations où la question de prise en charge et d’argent ne s’était jamais posée.

Actuellement, pour différentes raisons, en particulier pécuniaire, prendre des vacances n’est plus qu’une durée de quelques jours, voire même, le temps d’un week-end.  Et pas question de déranger qui que ce soit en cette période difficile, où les parents, accompagnés de leur progéniture, devraient tout assumer. Il ne faut pas oublier qu’il faut aussi affronter la prochaine rentrée scolaire.

Visée des nationaux

Cette situation n’empêche pas les secteurs, qui trouvent la période de vacances, signe de la haute saison, comme une opportunité de mieux développer leur activité. A l’exemple, dans le secteur tourisme où les promoteurs visent actuellement les nationaux, si auparavant, ce sont plutôt les touristes étrangers qui ont été les principales cibles. Les sites comme Ranomafana et l’Allée des baobabs à Morondava, ainsi que les événements à l’instar du festival des baleines, sont autant d’occasions à saisir où des prix spéciaux à l’endroit des nationaux sont proposés. Les offices de tourisme régionaux ne sont pas aussi en reste dans cette promotion, en offrant des circuits et des randonnées qui ne réclament que le minimum de frais, à titre de participation.

Joindre l’utile à l’agréable

Faute d’avoir les moyens de se rendre au bord de la mer, des familles rejoignent la campagne pendant les vacances qui coïncident  avec la période d’exhumation ou retournement des morts dans certaines régions, notamment sur les hautes terres. Une opportunité donc pour ces familles de joindre l’utile à l’agréable. Pour certains Malgaches de ces contrées, cette pratique est un devoir qu’ils doivent respecter et y assister, sous peine d’être bannis et ignorés de la société. Toutefois, malgré son aspect funéraire, l’événement est plutôt une grande fête destinée à rendre hommage aux ancêtres tout en divertissant les vivants. A part donc les retrouvailles entre familles, c’est aussi un moment de détente, car il dure plusieurs jours où festin et danses sont au rendez-vous.

vac3Remplacées virtuellement

Cependant, laisser les enfants inoccupés pendant les vacances risquent de les abrutir, voire même, les rendre indisciplinés et incontrôlables. Pour éviter de tels désagréments, on peut leur offrir des films comme les dessins animés, les jeux-vidéo et, pour les plus âgés, les moyens de se connecter à des réseaux sociaux. Des moyens qui leur permettent au moins de s’évader virtuellement. Toutefois, l’utilisation abusive de ces genres de distraction peut engendrer des conséquences nocives, entre autres, la fatigue visuelle. Le médecin préconise l’alternance des jeux-vidéo et des films avec les jeux habituels d’antan (jeux de construction et société), sans oublier les sports.

vac2Taxis-brousse, aucune hausse des tarifs

De leur côté, à part l’axe Tana-Mahajanga, les coopératives des transporteurs ont maintenu respectivement leurs prix. Cela, malgré la hausse du prix du carburant. Ceux du stationnement Fasan’ny karana ont même bradé de 10 à 30% le coût de leurs billets actuellement. «Malgré l’observation de ces rabais, les clients sont toujours dans les abonnés absents», ont témoigné des rabatteurs de l’axe Antananarivo-Antsirabe.

«Nous nous rattraperons le mois prochain, lors de la période d’exhumation des morts et une fois le baccalauréat terminé», soulignent-ils. Pour les autres coopératives, elles se rattrapent  sur les prix des colis et des bagages excessifs.

Partir en colonie de…

Si le principe d’une colonie de vacances était de venir en aide gratuitement aux enfants défavorisés pour qu’ils aient leur part d’air pur, pour pouvoir en bénéficier aujourd’hui, il faut au moins débourser plus de 140 000 ariary par enfant si on veut qu’il soit parmi les bénéficiaires. Selon un président d’une association confessionnelle de colonie de vacances, si on veut aller à Toamasina par exemple, pour une durée de deux semaines, il faut compter actuellement dans les 140 à 160 000 ariary par enfant, contre 180 000 ariary pour Mahajanga. Sont compris dans ce montant tous les déplacements (petits et grands), l’hébergement, les assurances et les nourritures. A voir ces montants, on peut dire qu’ils sont totalement au dessus des moyens de la majorité des Malgaches, même pour ceux qu’on désigne être de la classe moyenne. «Avec nos quatre enfants, il est difficile pour nous d’offrir une telle opportunité à notre progéniture malgré les avantages», a déploré une mère de famille, qui est pourtant un cadre au sein d’un ministère.

réalisée par Herizo

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