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Chronique : vous êtes surdoué ? Oui, de la vie !

Rappelez-vous : «ll n’y aura pas d’exception, même pour les surdoués, tout le monde doit être sur un pied d’égalité». C’est ce qu’avait expliqué le directeur national des écoles anglicanes en février dernier.  Sans doute dans la foulée des bonnes résolutions de début d’année, nous avions décidé que les mauvaises pratiques appartiendraient bientôt au passé. Nous avons donc appris qu’à compter de la prochaine rentrée scolaire, les candidats aux examens du CEPE, du BEPC et du baccalauréat auront tous l’âge requis pour pouvoir se présenter aux épreuves. Il n’y aura donc plus en 2017 d’enfant perdu au milieu de condisciples âgés de quatre à cinq ans de plus que lui.  C’est une décision prise au coin du bon sens, raisonnable, louable : nous devons tous nous en féliciter. Mais pour apprécier cette réforme à sa juste valeur, nous avons encore à la session d’examens 2016 quelques candidats exceptionnels dont on ne sait si on doit les admirer ou les plaindre.

Voyez par vous-même : cette année, le plus jeune candidat au BEPC a 7 ans. 7 ans, c’est ce qu’on appelait jadis l’âge de raison, l’âge où, si tout va bien, on est fier d’avoir appris à lire malgré le handicap des dents qui tombent ; l’âge où on a encore peur du noir, l’âge où on se demande si on doit encore croire au père Noël ; l’âge où on découvre la magie de la multiplication ; c’est aussi l’âge où, officiellement, on entre en T2. Faisons un rapide calcul : pour pouvoir se présenter à un examen que l’on passe en général l’année de ses 15 ans, notre candidat de 7 ans a commencé sa scolarité au berceau. Ou alors, chaussé de bottes de 7 lieues, il a pu parcourir deux années scolaires en une seule. Il faut espérer que cet enfant est un surdoué de la vie. Si cela vous paraît impossible, souvenez-vous du plus jeune candidat au baccalauréat de l’année dernière : il avait 11 ans. Si sa performance avait été couronnée de succès, la presse s’en serait fait l’écho. On peut alors raisonnablement supposer que le plus jeune candidat au baccalauréat 2016, âgé de 12 ans, est ce même candidat malheureux. Si ce n’est pas le cas, il a fait des émules. Le constat est navrant et nous savons donc que l’admiration n’a pas sa place ici.

 2016 devrait donc être la dernière année où des parents irresponsables et des éducateurs malhonnêtes hypothèquent l’avenir d’élèves formatés pour combler les frustrations d’adultes qui ne veulent pas le bien des enfants. On ne sait pas encore de quoi 2017 sera fait mais si tout va bien, il n’y aura plus d’exhibition d’élèves transformés de force en génies. C’est plutôt un bonne nouvelle, non ?

Kemba Ranavela

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