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Pérégrinations hebdomadaires : des couinements sans grand bruit

Anormalités et dysfonctionnements balisent sûrement la marche du pays. Faits et actes, exorbitant de l’ordinaire dans une société « normale », ici ne font pas événement. Des inconduites condamnables et de leurs conséquences scandaleuses la population ne semble manifester qu’indifférence. Normal, les gens du crû prennent rarement conscience de l’exotisme qui entoure l’univers de leur quotidien. Opérations barbares perpétrées avec grande violence par des bandes sans foi ni loi, actes de délinquance empoisonnant la vie de tous les jours, soulèvent des émotions passagères sans toutefois interroger sur la dérive, ni susciter réprobation, ni encore moins provoquer la tentation de manifester afin de dénoncer et condamner les horreurs qui hantent l’actualité. A la décharge de la population, on ne peut que rappeler l’interdiction de manifester : les gens ont faim, froid, et aussi peur, la peur de commettre des interdits, sait-on jamais ! En ville comme dans les campagnes la population, à tort ou à raison, les habitants  se font à l’idée d’une inclination des « maitres » à bâtir un état policier. Chacun se tient à carreau tant que c’est supportable, reste à savoir jusqu’où et à quand cela le sera ? C’est qu’il n’y a pas que le seul problème d’insécurité qui plombe l’atmosphère, l’impécuniosité face à la flambée du coût de la vie entretient aussi une lourde inquiétude autour de la capacité à survivre au jour le jour dans nombreux foyers. Déjà l’incertitude plane sur aujourd’hui, penser l’avenir représente un luxe qui torture, aussi beaucoup préfèrent  zapper ce problème. Quel pays que celui où des personnes ne trouvent un peu de paix qu’à se priver d’elles-mêmes du droit de rêver des lendemains.

Insécurité, banalité d’un risque commun

Les plus puissants sont conscients de la situation : les actes de violence vont en escalade et par le nombre et par le déferlement des brutalités. A tout moment en tout lieu la menace est présente. L’état est impuissant à assurer la protection des personnes et des biens, à chacun d’assumer sa sécurité avec défense de verser à organiser un système d’auto-défense. Se prémunir d’une réelle sécurité représente un coût non négligeable. Nécessiteuse la majorité de la population néglige déjà de satisfaire pleinement aux besoins les plus basiques, tel à celui de se nourrir suffisamment ou à ceux qu’exige l’hygiène de tous ordres. A leur corps défendant pour se protéger contre l’adversité de l’insécurité les gens communs ne peuvent sacrifier des parts d’un budget qu’ils n’ont pas. On se résout à n’être que précautionneux, sachant bien que l’inefficacité des faibles moyens face à des armes et à la rage barbare de gens déterminés que ne limite aucune quelconque valeur.

Les gens du pouvoir, eux mesurent bien les risques de la situation, et évaluent au plus haut les risques qui les concernent, trouvent ainsi les moyens de disposer des mesures en conséquence. A l’opposé on n’enregistre pareille préoccupation ni ne constate égale efficacité par la manifestation d’une volonté politique pour infléchir la courbe d’une croissance galopante de l’insécurité. L’actualité rappelle souvent le sacrifice de fonctionnaires de l’ordre qui paient de leur vie leur mission sur les champs d’horreur, c’est bien le signe d’un Etat faible dirigé par un pouvoir qui déploie les forces vaille que vaille, par exemple pour des manifs pacifiques, des ailleurs que là où le bât blesse. Une fois encore on appréhende l’équation à l’envers, on a besoin d’un Etat fort dont la loi s’impose à tous de manière quasi mécanique avec les moyens et l’autorité de ce que l’on appelle « puissance publique », et non d’un pouvoir qui se veut fort pour imposer sa loi et pour appliquer son autorité selon ses fantaisies.

Régime de droit fantaisiste

Ces jours ci se tiennent des assises d’une faction dissidente (statutairement parlant) d’un parti qui par mesure conservatoire a obtenu l’interdiction judiciaire d’une tenue de ces assises au nom du parti « leader-fanilo ». Le maintien de cette manifestation ressemble bien à une épreuve de force au mépris d’une décision judiciaire, faisant ainsi la démonstration d’un Etat en état de faiblesse.

Cette constatation ne fait pas exception dans un paysage où ce ne sont pas les dysfonctionnements qui feraient tache, fantaisie et atypisme conditionnent le label local. Dans l’instant, pas tous les efforts certes mais une grande partie devrait être consacrée à l’événement de l’année à l’échelle du pays : l’accueil du Sommet de la Francophonie en novembre. Ça dysfonctionnerait que ça n’étonnerait pas. La démission d’une dame écrivaine pour se retirer de l’un quelconque des comités d’organisation a fait un flop alors que ses compagnons de route avaient organisé une médiatisation pour en faire un sujet de scandale. Erreur ! Quand tout se prête à scandale, plus rien ne fait scandale. Le retour à une normalité de rectitude minimale exige un labeur constant de tous les jours pour entreprendre une efficace sensibilisation et dispense de procéder à des médiatisations spectaculaires ponctuelles. Le dysfonctionnement est structurel, venir à bout d’un tel système établi nécessite un combat structuré autre que la dissipation par des petites batailles événementielles à l’opportunité de l’actualité. Au-delà de cette réserve, l’opinion a quand-même besoin d’être informée sur l’avancement du chantier en préparation de ce sommet. Scepticisme ! A quelles informations accorder crédit ? Les communications officielles font de l’effet sur une partie du public mais ont mauvaise presse auprès d’une autre partie de la population. L’opinion justifie de son doute, sachant bien que ces communications officielles n’ont aucune garantie de grande véracité, sujettes à caution du simple fait qu’elles ne sont pas sujettes à des poursuites retenant en chef d’inculpation celui de  répandre de fausses informations. La voix de son maître a fini d’avaler le prestige qui l’auréolait d’antan. En témoigne le réflexe qu’à la moindre alerte de trouble on renforce la sécurité des organes de médias publics. Personne n’ignore l’existence d’une fureur populaire nourrie du décalage entre les louanges que chante la vox dominici aux ordres et la réalité que dénonce la vox populi spontanée.

Léo Raz

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