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En attendant l’homme providentiel

En attendant l’homme providentiel

Le monde a célébré hier une journée spéciale dédiée à Nelson Mandela. Un militant, homme politique, messager de la paix dont les actions ne sont plus à présenter, d’ailleurs l’humanité continue de le vénérer. Activiste confirmé de la société multiraciale, partisan  des élections pluralistes, icône de la lutte contre le sida, artisan d’une transition paisible dans son pays aussi bien avant qu’après sa prise de fonction, Madiba, de son surnom, demeure ainsi une véritable modèle. Il existe des personnalités comme ça, où la seule évocation de son nom inspire le respect, la confiance et la vénération.

Avec le temps, malheureusement, les personnalités comme lui se font de plus en plus rare. Oui, s’il fallait s’en convaincre, le temps change. Désormais, l’humain se tourne beaucoup plus sur le plan matériel qu’aux valeurs humaines indispensables à la société. A titre d’exemple,  les actions humanitaires deviennent un sport où le « m’as-tu vu» semble être le terrain idéal. Le militantisme, autrefois un idéal initié à la faveur d’un front commun n’est plus qu’un ascenseur exploité par des étudiants, des soi-disant syndicats, des fonctionnaires pour parvenir à une fin quelconque.

Si ailleurs le temps des grands hommes semble donc révolu, nous autres Malgaches, au risque de froisser certaines sensibilités, on est encore, bizarrement, à la recherche d’un héros hypothétique et ce, alors que ceux qui ont réussi à se singulariser dans l’histoire, sont loin de faire l’unanimité. Une conférence-débat qui s’est tenue récemment à l’université d’Ambohitsaina et qui s’est focalisée sur ce sujet a d’ailleurs permis de comprendre que nos compatriotes attendent toujours un héros, un homme providentiel. Et pour cause, il semble difficile d’organiser des actions collectives sans que les profiteurs pointent leur nez. Il faut donc faire dans l’inverse.

En dépit de la maladresse, voire de l’impertinence de ses successeurs, Mandela a en effet fait de son pays une nation apaisée, fière et conquérante. Qui peut en faire autant chez nous ? Il est inutile de lancer la première pierre à qui que ce soit car la réponse se trouve en chacun de nous. La responsabilité reste indubitablement collective. Du plus haut sommet de l’Etat à celui qui se trouve au plus profond du pays. Reste à savoir si, dans l’état actuel des choses où l’individualisme a pris le pas sur le collectif, il y en a encore qui a la niaque  de se dresser contre l’ordre établi pour un objectif commun et non pour un quelconque désordre.

J.P

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