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Examen du Bepc : 4 détenus mineurs d’Antanimora, candidats

Examen du Bepc  : 4 détenus mineurs d’Antanimora, candidats

Dans le cadre de la réinsertion sociale des détenus d’Antanimora, 4 mineurs vont passer, ce jour, l’examen officiel du BEPC. Agé à peine de 16 ans, JP est l’un d’eux. Il va nous donner ici ses impressions, quant à la préparation de cet examen. Interview.

*Les Nouvelles : Depuis quand es-tu incarcéré et sous quelle inculpation ?

-JP  : Je m’en souviens encore comme si c’était hier. D’ailleurs, cela restera gravé à jamais dans ma mémoire.  Je suis incarcéré à Antanimora depuis le mois d’octobre dernier, suite à une rixe, à l’issue d’un «karaoke», dont j’étais un des témoins. Un des protagonistes de cette bagarre a succombé à ses blessures. Un membre de sa famille m’a désigné ensuite comme étant son agresseur. N’ayant pas pu bien me défendre au parquet, le juge m’a mis en détention préventive sous l’inculpation de meurtre.

*Qu’est-ce qui t’a poussé à poursuivre tes études ?

-Après les premiers chocs des premiers jours, j’ai commencé à remonter la pente. Une fois que je me suis ressaisi, j’ai contacté notre surveillant pour que je puisse continuer mes études. Je suis un redoublant de la classe de troisième, ayant raté le BEPC l’année scolaire précédente. Ma famille ne pouvait plus payer mes frais d’études quand j’étais encore à l’extérieur. Ainsi avoir une occasion de continuer mes études, est pour moi une vraie aubaine. D’autant plus, on bénéficie ici d’une éducation identique à nos semblables de l’extérieur, tout en suivant le programme scolaire dicté par le ministère de l’Education nationale. Cela allant du T1 jusqu’à la classe de terminale. Certes, je n’espère pas rester ici pour longtemps car je crois dur en mon innocence mais tant que je suis ici, je n’arrêterai pas mes études.

*Comment se sont-elles déroulées ?

-Notre emploi du temps est identique à celui de tous les établissements scolaires. On commence à 8h, pause à midi, on reprend à 14h jusqu’à 16h. Libre ensuite à chacun de faire ses révisions ou non jusqu’à 20 h et cela continue jusqu’au weekend où on a quartier libre, en dehors des services et besognes obligatoires quotidiennes. La situation est la même que dans un internat. L’incarcération nous aide à mieux nous concentrer sur nos études. Tous les matériels et fournitures scolaires nécessaires sont offerts par l’administration pénitentiaire et des ONG comme Grandir dignement. D’ailleurs, je me fais à cette idée d’internat, pour mieux m’adapter à ma situation actuelle.

*Donc des ONG apportent leur aide…

-Concernant les enseignants, la classe de troisième en a un à chaque matière, et ils sont tous gentils envers nous. Cette opportunité s’explique par la présence de l’association Bethleem ou Bureau d’études et de travail pour l’humanisation et la libération des enfants. Elle a créé l’Ecole éducative des mineurs à Antanimora pour assurer notre réinsertion sociale, une fois sortis des lieux de détention, d’après les explications qu’on nous a données au début des cours.

*Comment vois-tu ainsi tes chances à cet examen ?

-Avec la situation et les conditions qu’on nous a offertes ici, mon moral est au beau fixe. C’est le fait d’être encadré par des agents pour me rendre au centre d’examen qui m’impressionne un peu. Mais ces derniers nous ont rassurés qu’ils se feront le plus discrets possible en ne nous mettant pas des menottes et qu’ils seront en tenue civile, identiques à des parents qui accompagnent leur proche.

Propos recueillis par Sera R

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