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Chronique : bonus aux capitaux opaques

Obliger les entrepreneurs à s’investir personnellement dans des fonctions à plein temps autres que celle de s’assurer de la régularité du fonctionnement de leur entreprise ne correspond pas à la philosophie du libéralisme. Les dispositions du genre constituent des repoussoirs aux yeux des investisseurs, et lorsque la formule est érigée en méthode de gouvernance, il n’est que normal qu’en retour l’opinion s’interroge. Bien de gens soupçonnent l’organisation d’un espace opaque qui rebute les entrepreneurs soucieux de la régularité de leurs mises en contrepartie d’un retour garanti de leurs investissements. Opacité qui à l’inverse tente les détenteurs anonymes de capitaux suspects.

Les médias ne représentent peut-être pas un secteur où l’on investit dans le but d’en tirer seulement des profits financiers. La recherche d’équilibre budgétaire y est périlleuse et pourtant une floraison de stations de radio, de chaines de télé, de titres de presse écrite, témoigne d’un printemps des médias et révèle que l’on se bouscule au portillon.

 Les médias présente la séduction d’exercer fascination et prestige auprès du public, une réserve de potentiels consommateurs. En conséquence les médias présentent un intérêt majeur, celui d’un outil stratégique pour la conquête d’influence sur les marchés. Il en va pareillement dans le domaine politique la conquête d’audience populaire conditionne le succès des politiciens et le triomphe des idées, si tant est qu’il reste des idées à défendre autres que celles des profits personnels et partisans. En raison de ce double intérêt, financier et politique, la lutte est acharnée et les coups bas ne manquent pas.

Régler en coupes sombres pour le bénéfice des profits particuliers l’espace des médias représente une tentation à laquelle résistent mal ceux qui détiennent le pouvoir. La rédaction du code de la communication offrait une opportunité à cette fin. Outre les dispositions qui attentent à la liberté d’expression en général et à celle de la presse en particulier, le projet fait le lit à l’opacité des capitaux, décourageant ainsi les investisseurs réguliers, ceux qui de façon transparente assument leur statut de patron de presse ou de médias. En supplément le projet entend leur imposer de s’investir personnellement en directeur de publication. Celui qui connait un tant soit peu le domaine ne saurait ni ignorer le rôle de directeur de publication ni faire l’impasse sur la charge et la spécificité du travail qui lui incombe. Obliger l’investisseur à en assumer la fonction se réduit à lui exiger l’impossible et aboutit soit à le décourager d’y entreprendre soit à le conduire à entreprendre des arrangements afin d’organiser une opacité sur les capitaux investis, performance plus aisée pour qui détient le pouvoir d’exercice du contrôle.

 Dans le contexte actuel, les patrons des organes de médias peu favorables au pouvoir en place s’exposent en transparence et de façon légale plus que n’apparaissent en réalité au grand jour les véritables détenteurs de capitaux qui font tourner des organes qui roulent pour la défense du pouvoir.

Léo Raz

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