Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Incompréhension

Incompréhension

Jamais dans l’histoire de cette République et après 56 années  d’indépendance qu’un pouvoir se permet de harceler les journalistes et autres professionnel des médias. On pourra tout dire sur les années Tsiranana, Ratsiraka ou Ravalomanana, notamment sur l’absence de liberté d’expression. Mais cette Quatrième République risque de battre tous les records en muselant la presse. On savait aussi  que durant la Seconde république la liberté d’expression et la liberté de presse étaient des termes qui pouvaient porter atteinte à la marche de la révolution socialiste du dirigeant de l’époque, sauf qu’il semble qu’il n’a jamais utilisé les forces de l’ordre pour mater les journalistes. Du temps de Ratsiraka, la censure était légion. Cette-fois, c’est pire.

Déjà, dès sa première année, deux journalistes ont été placés en détention sur un sujet qui, à priori, est de peu d’importance car il s’agissait d’un courrier de lecteur. Il aura alors fallu plus de cinq jours de mobilisation dont un long cortège depuis Anosy jusqu’à Antanimora pour faire plier le gouvernement de l’époque. Sans oublier la pression de la communauté internationale, en particulier américaine qui est très à cheval sur le respect des droits de l’Homme. Un certain répit a été par la suite observé. Ce qui n’a pourtant pas empêché la difficulté quotidienne dans la quête des informations, notamment institutionnelles où des responsables étatiques préfèrent se murer dans le silence.

Ces temps-ci, la tension est encore montée d’un cran. A commencer par la confiscation de matériel des journalistes lors de la perquisition de la maison d’un sénateur à Andohan’i Mandroseza. Les forces de l’ordre n’ont pas alors compris que la retransmission en direct des faits reste dans le domaine du journalisme. Ce qui est dommage non seulement pour le métier mais aussi pour la liberté d’expression. D’algarade en altercation, le cas du sénateur, farouche défenseur du régime et de l’activiste à Ankorondrano est aussi révélateur de cette incompréhension. Le dialogue, qui n’est autre qu’une autre forme de démocratie, n’est pas le credo de ce régime. Loin s’en faut. Sinon comment expliquer cette présence, dès la matinée en plus, des forces de l’ordre aux environs du palais de l’Assemblée nationale pour interdire l’accès aux journalistes. Un palais qui, soit dit en passant, baptisé

« Palais de la démocratie ».  Si ce n’est pas de la dictature, Dieu que cela y ressemble.

Haja Ramasindray

 

Les commentaires sont fermées.