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Reflet – Insécurité dans le sud : quid de la liberté des ventes et port d’armes blanches

Reflet – Insécurité dans le sud  : quid de la liberté des ventes et port d’armes blanches

Le port et la vente d’armes blanches sont encore libres dans la région Androy. Ce, même dans la ville d’Ambovombe, la capitale de la région.

Les armes blanches comme les poignards, les sabres et les sagaies, se vendent librement à Ambovombe. Dès qu’une voiture s’approche pour s’approvisionner au niveau de la station d’essence Rohondroho, dans le quartier de Berary de cette ville, une nuée de marchands, composés uniquement de femmes et de jeunes filles, proposent aux voyageurs toute une panoplie d’armes blanches, en dehors des articles artisanaux spécifiques de la région. Si un poignard avec son étui se négocie à partir de 3 000 ariary, les sabres munis de leur fourreau en cuir, d’une longueur en moyenne autour de 50 cm, sont proposés à 40 000 ariary. Il en est de même pour les sagaies dont les propositions s’orientent pour l’ornement des salles de séjour. D’après le témoignage d’une marchande, ces armes sont fabriquées localement à base d’inox. Les fournisseurs de cette matière première sont des personnes qui l’achètent à leur tour au port de Toamasina sous forme de blocs de déchets.

Le port d’armes est aussi une coutume de la contrée, notamment chez les hommes pour marquer leur distinction, le commerce est ainsi florissant pour ces marchandes. Cela, sans parler de l’insécurité qui continue encore d’y sévir. Toutefois, avec le port d’armes libre, comprenant les fusils, même de chasse, il est difficile de distinguer un dahalo d’un simple citoyen. En effet, selon les témoignages recueillis sur place, les malfaiteurs se promènent au marché, comme tout le monde, dans leurs moments d’inaction. De plus, avec les fusils saisis lors de la soi-disant soumission des «dahalo niova fo», et dont la réquisition n’a pas été assez transparente, il y va de soi que la route menant vers la sécurisation de cette région est encore longue.

L’insécurité continue de sévir

Malgré les efforts déployés par l’Etat pour la sécurisation du Grand Sud, la dernière en date étant l’unité Spéciale Anti-dahalo (Usad), l’insécurité continue de sévir. En dehors de l’attaque de Berenty à Ankazobe Atsimo, une autre a effectivement eu lieu, lundi dernier, entre Betroka et la commune rurale de Morarano, juste après le passage du président de la République venu, jeudi dernier, à Betroka pour des inaugurations. Selon les informations recueillies auprès des forces de l’ordre, faisant office de police routière le long de la RN13, cette attaque a été menée par une horde de plus 300 dahalo, emmenant avec eux au moins 800 zébus. Il y a eu, bien sûr, affrontement entre eux, mais face aux  nombreux adversaires, les forces de l’ordre ont dû renoncer à leur intervention, malgré les armes mises à leur disposition dont le nombre  dépasse largement celui des dahalo. L’effectif du détachement qui a été dépêché sur les lieux était effectivement limité à 8 seulement, les autres étant indisponibles pour diverses raisons. De plus, la brusque hausse du nombre de leurs adversaires était vraiment une surprise pour eux, selon leur témoignage. Le temps de s’organiser, les malfaiteurs ont déjà emporté leur butin.

Des zones rouges maintenues

Face à cette situation, plusieurs zones rouges sont encore maintenues le long de la RN13, l’axe menant d’Ihosy à Taolagnaro. En particulier, entre Ihosy et Betroka. Les camions sont les principales cibles des dahalo sur cet axe. De ce fait, aucune voiture n’ose s’y aventurer la nuit. Il n’est pas rare que des camionneurs demandent une escorte auprès du poste avancé de la Gendarmerie de Kelivao, avant de poursuivre leur route. Mais vu l’effectif des éléments affectés à ce poste, toutes les demandes ne sont malheureusement pas satisfaites. De plus, ce n’est qu’un soutien moral, «Car, c’est uniquement un seul gendarme qui nous accompagne», a déploré un camionneur.

Favorisé par l’état des lieux

La connaissance des moindres recoins pour se réfugier ainsi que la maîtrise des lieux sont, entre autres, des causes qui permettent aux dahalo d’être insaisissables. En effet, il convient de noter que les Antandroy et les Bara ont été parmi les tribus qu’ont résisté aux colons, du fait, justement, de l’état de leur environnement qui est, non seulement plein d’arbustes épineux comme les cactus et autres, mais qui présente aussi des endroits stratégiques favorables pour se défendre contre les assaillants. Cela, grâce à la présence des montagnes et des rochers ainsi que les chemins qui y mènent dont seuls les riverains connaissent l’itinéraire. «Sans l’aide en permanence d’une intervention aérienne, il nous est difficile de les poursuivre sans parler de notre effectif très réduit», nous a confié un officier de la Gendarmerie.

Poussés par la famine

Une autre raison citée par les habitants de la région d’Androy, comme étant une des causes qui sont la source de cette insécurité, est la présence en permanence de la période de soudure dont la durée s’étend de plus en plus chaque année. «Il est tout à fait normal que les hommes viennent grossir le rang des dahalo pour subvenir aux besoins familiaux. Quant aux jeunes, ils sont facilement influençables, écœurés par leurs environnements sociaux où la chance d’évoluer est pratiquement nulle», déplore un pasteur d’une église protestante de la commune rurale d’Ambazoa, district d’Ambovombe. Ce dernier vient de donner, dimanche dernier, la bénédiction à 27 hommes qui vont immigrer vers le Nord pour chercher du travail. Dans sa paroisse, depuis le début de l’année, plus de la moitié de ses fidèles ont déjà tenté leur chance ailleurs, selon son témoignage. Cela, sans parler de ceux qui ont déménagé pendant les années précédentes. Composés de plusieurs centaines de paroissiens, il y a quelques années de cela, ses fidèles ne comptent plus qu’une cinquantaine, les autres étant partis vers le Nord pour chercher d’autres cieux plus cléments.

 

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