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Chronique : insuffisance d’une prétendue politique sociale

Le Chef de l’Etat n’a pas tort lorsqu’il entend que le gouvernement entreprenne en priorité les efforts sur le social. On peut douter de la perspicacité de cette détermination lorsqu’il dit en attendre

des effets rapidement palpables. Le pouvoir serait à l’écoute de la population pour en soulager les souffrances, à attendre des résultats rapides il révèle une ignorance de l’immensité de l’océan de pauvreté et de raz-de-marée des privations et frustrations. Un grand oui certes pour les actions à but humanitaire, mais que la charité ne soit pas l’arbre qui cache la forêt de misères, et qu’elle ne libère pas du devoir d’entreprendre d’autres actions aussi urgentes que prioritaires.

En période de fête  il fait bon pour les hauts responsables de monter des spectacles pour montrer qu’ils se soucient des conditions catastrophiques, lot des plus démunis, ça soigne une image de générosité. Mirage éphémère, le geste ne change en rien de la situation de précarité.

Aussi immense qu’est l’océan de misère, d’égale mesure doit être le chantier pour en endiguer la violence. D’un début de chantier on ne voit rien paraitre, même pas l’esquisse d’un projet. Les rafistolages au gré des intuitions et improvisations n’apportent nul remède durable à des problèmes qui plus on tarde plus vont grandissant.

On se demande si les gens d’en haut ne se préoccupent que de produire du spectacle ou bien s’ils n’ont rien capté des problèmes de la population d’en bas. Bien sûr que ça flatte les familles des quartiers de voir, que pour dispenser les soins de santé on réanime les structures de proximité. Quel désenchantement pourtant lorsqu’à l’apparition d’une maladie grave les gens s’aperçoivent des limites de capacité d’intervention de ces unités et

que faute de leurs propres moyens financiers l’accès des hôpitaux leur est fermé. Si l’on savait combien les hauts dirigeants snobent les centres hospitaliers locaux lorsque leur santé ou celle de leur proche est en jeu, ils bénéficient d’autres possibilités aux frais de la République. Disparité scandaleuse que dénonce un dicton malgache : «un système à mi-hauteur tel l’arrière cuisse d’un chien, hors portée des pauvres, boudé par les riches». Mollo les basses ! Du social ? Il y a loin de la coupe aux lèvres : des hôpitaux inaccessibles aux pauvres et où les premiers responsables n’osent se faire soigner, des écoles publiques que ceux-ci désertent lorsqu’il s’agit de scolariser leur progéniture.

Léo Raz

 

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