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Reflet – Les jeunes et la génération future face à la réalité

Reflet – Les jeunes et la génération future face à la réalité

La 4è édition de la « Journée des réseaux d’honnête et d’intégrité, sous la houlette du Bianco a été à l’affiche au palais des Sports Mahamasina mercredi dernier. Les jeunes ont été au centre de l’intérêt et à travers les manifestations au programme, la sensibilisation relative à la nécessité de lutter contre la corruption a eu sa raison d’être.

RHI s’engage

Plusieurs actions ont été entamées par l’organe au niveau de plusieurs administrations, mais également chez les plus jeunes, soit auprès des établissements scolaires. Cela, à travers les réseaux d’honnêteté et d’intégrité (RHI) étendus dans plusieurs établissements de toute l’île. Comme l’explique un responsable auprès du Bianco, « en tant qu’activité extrascolaire basée sur l’éducation par les pairs, le RHI se veut être un espace d’éducation et d’échange, en milieu scolaire, pour promouvoir les valeurs morales des élèves dont l’honnêteté et l’intégrité dès le jeune âge ».

« Nous avons choisi les élèves car non seulement ils constituent la relève de demain mais surtout parce qu’ils sont plus réceptifs et apprennent facilement », a indiqué le directeur régional du Bianco à Antananarivo, le général Arthur Benjamina Ratovoson, mercredi dernier, lors de la clôture de la 4ème édition de la Journée des Réseaux d’honnêteté et d’intégrité à Mahamasina. Il s’agit  d’un évènement anti-corruption initié par le volet Education-Prévention du Bianco à travers des festivités socio-culturelles et sportives. Des élèves des 7 lycées d’enseignement général de grand Tana, à savoir Analamahitsy, Ambohimanarina, Andohalo, Nanisana, Faravohitra,  Rabearivelo et Ampefiloha ,des lycées privés  et des lycées techniques se sont prêtés au jeu et sont venus manifester leur volonté de lutter ensemble contre la corruption.

« Mais bien que les enfants aient plus de conviction que les adultes, force est de constater que leurs efforts dépendront beaucoup de la société où ils évoluent », a-t-il poursuivi. Cependant, le Bianco reste optimiste quant au fait qu’il est plus que nécessaire d’inculquer de bonnes valeurs aux enfants qui sont l’avenir du pays.

Le rapport annuel du Bianco reste d’ailleurs encourageant pour l’année 2015 puisque le taux de réalisation était de 55% avec 67 RHI mis en place dans tout le pays. 30 établissements dans 21 localités ont été touchés par les activités, soit 5.578 personnes touchées directement.

Cependant, bien que des efforts soient fournis dans la mise en œuvre de toutes les activités, le Bianco déplore encore le fait qu’il est encore difficile d’insérer la dimension « Lutte contre la corruption » dans les programmes scolaires. En effet, aucune avancée majeure n’a été enregistrée pour cette catégorie d’activités par le Bianco.

ROBERTO FITIARIZO   « Créer une société loin de la corruption »

Roberto Fitiarizo est le président du RHI au lycée JJ Rabearivelo. Un poste qu’il occupe pour le deuxième car lui aussi semble convaincu que la sensibilisation dans la lutte contre la corruption devrait commencer dès le plus jeune âge. Des efforts restent, les résultats sont faibles mais le RHI reste optimiste.

*Les Nouvelles : Quel est le rôle des RHI dans votre établissement ? Et quelles sont vos convictions ?

-Roberto Fitiarizo : Nous sommes un réseau de jeunes étudiants qui œuvrent dans la lutte contre la corruption. Nous organisons plusieurs évènements culturels et sportifs dans l’objectif de sensibiliser les élèves car il est certain que la jeunesse est la base de la société. A travers nos actions, nous souhaitons créer une société loin de la corruption.

*Les élèves sont-ils réceptifs par rapport à vos actions ?

-Certainement les élèves sont réceptifs, du moins par rapport aux adultes. Ils apprennent et retiennent mieux que les plus âgés. C’est pour cette raison que le réseau se focalise sur les jeunes. Il faut noter que l’âge moyen des personnes les plus touchées par le RHI se situe entre 13 et 25 ans.

*Quels sont les impacts de cette sensibilisation sur les élèves ?

-Les impacts sont plutôt positifs. Nous constatons qu’il devient automatique pour les élèves de refuser toute sorte de corruption. D’ailleurs, certains n’hésitent pas à faire part de leur conviction à leur entourage que ce soit les parents, ou encore les voisins. . Ce qui entre totalement dans nos activités car nous réservons certains jours pour effectuer des descentes au niveau des quartiers  Plusieurs des élèves ont par exemple des parents policiers ou chauffeurs de bus. Nous savons très bien quels sont les problèmes avec ces personnes.

*Rencontrez-vous des difficultés dans vos activités ?

-Effectivement, nous faisons face à certaines difficultés au niveau des moyens surtout. Actuellement, la plupart des élèves sont réticents par rapport à nos activités et n’y adhèrent que parce que nous organisons des évènements ou des loisirs. Si nous étions près de 160 membres vers le début de nos activités, nous ne sommes à présent plus qu’une cinquantaine. Les élèves ne sont pas trop intéressés par les simples réunions, ce qui rend la tâche assez difficile mais pas impossible.

Aucun effort et beaucoup de critiques

Madagascar n’a fourni aucun effort dans la lutte contre la corruption, malgré tout. En fait, sur les 168 pays dans le monde, la Grande île se trouve en 123è position, soit parmi les derniers pour l’année 2015, le même classement que celui de 2014. Transparency international n’hésite d’ailleurs pas à qualifier la situation d’alarmante d’autant plus que les dirigeants politiques sont les plus ciblés. Le directeur exécutif de l’institution internationale, Frédéric Lesné, a déploré le fait qu’aucune amélioration n’est constatée bien que les hautes autorités de l’Etat ont dit vouloir avancer dans ce combat.

Cependant, Madagascar s’est fixé comme objectif un score de 50/100 pour 2025, bien qu’il soit encore au point mort pour l’instant. Mais le Bureau indépendant anti-corruption relativise et rassure que la stratégie pour les dix années à venir est déjà au point. Cependant, le Bianco a soumis quelques amendements sur des lois déjà existantes et attendent leur adoption au Parlement avant de pouvoir  poursuivre pleinement ses objectifs. A défaut de résultats concrets pour l’instant, le Bianco tente de relativiser en se tournant vers les jeunes, acteurs du développement et l’avenir du pays. Comme il l’a toujours indiqué, « la corruption est l’affaire de tous ».

Page réalisée par Tahina Navalona

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