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Chronique : à chacun sa petite madeleine

Sale temps pour un hiver s’étonnent les jeunes générations, temps de saison tel qu’elles l’ont connu prétendent les plus âgées. Ce froid de canard et la pluie fine qui l’accompagne caractérisent l’hiver austral de leur avis. Cela suffit pour les renvoyer à leur jeunesse. En ce temps- là l’apparition du froid coïncidait avec la période des examens, et annonçait l’approche des vacances. Le temps des vacances était alors uniforme pour tous, élèves de primaire et du secondaire comme étudiants de l’enseignement supérieur, des vacances d’été en Europe qui se déroulaient ici en hiver, mais c’étaient de vraies grandes vacances. Nostalgique ?

 Pas nécessairement. Evoquer le passé peut certes provoquer un petit pincement sans que l’on n’éprouve obligatoirement l’envie d’y retourner. Et quand bien même, la réalité reprend naturellement le dessus. Mais le passé reste. Ainsi à des occasions il revient de parler du temps des colonies, sans besoin fatalement de porter un jugement : comparer le mode de vie, dire les facilités pour effectuer certaines choses, les difficultés pour réaliser d’autres, autant d’approches qui permettent soit de mesurer les progrès soit d’exprimer des regrets. Ça n’est pas toujours objectif, on sait la tentation à jouer de la mémoire et à l’utiliser de façon sélective.

Pour en revenir à la couleur du temps, il est vrai que cette pluie lancinante a de quoi surprendre, depuis des années elle a habitué à son absence. Des avis attribuent sa présence actuelle aux effets de La Nina, alors que l’an prochain les effets d’El Nino pourraient donner un hiver sec et doux. L’ère du changement climatique. De ce changement climatique il demeure des sceptiques. Difficile toutefois de nier les déchaînements de plus en plus violents des phénomènes naturels partout dans le monde. Sur ce plan il ne s’agit plus de madeleine à faire rêver, mais de tâches à se mettre sous la dent, particulièrement sous celle des gouvernants. Encore des sceptiques à ce propos ? Ceux-ci reposent leur doute sur un constat : la peine à résoudre les problèmes du quotidien immédiat autorise peu d’espoir sur une capacité à prendre des dispositions adéquates pour se prémunir des dérangements que réserve demain ? Gouverner c’est pourtant assumer cette double responsabilité à ce qu’il paraît. L’art de bien gérer le présent constituerait alors un gage de compétence pour se parer de l’avenir. Dans l’instant la population n’entend pas parler de demain, elle attend le gage d’une bonne gouvernance aujourd’hui.

Léo Raz

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