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Reflet – Retard de croissance et malnutrition : la moitié des causes est intra-utérine

Reflet  – Retard de croissance et malnutrition : la moitié des causes est intra-utérine

La prévalence du retard de croissance reste élevée. Presque la moitié, 47%, des enfants de moins de 5 ans. Ce qui place la Grande île au 4è rang des pays au monde ayant le taux le plus élevé. La moitié des causes de ce retard résulte d’une malnutrition de la mère pendant la grossesse.

Deux millions d’enfants de moins de cinq ans

Effectivement, une mère qui s’alimente mal donne naissance à un bébé malnutri, un enfant qui sera victime de malnutrition chronique. Ce problème concerne, actuellement, près de deux millions d’enfants de moins de 5 ans. Et le cycle se reproduit car beaucoup de mères ne se rendent pas comptent que le fœtus dépend d’elles pour avoir l’énergie, les protéines, les vitamines et autres éléments nécessaires à son bon développement. La situation actuelle reflète le long chemin que la Grande île devra encore faire pour pouvoir honorer les ODD, notamment l’engagement numéro 2, qui consiste à mettre fin au retard de croissance et d’émaciation des enfants de moins de cinq ans.

Le fait de ne pas être bien nourris durant leur développement intra-utérin peut leur être fatal. S’ils arrivent à survivre, ils pourraient subir les différentes séquelles qui vont avec, aussi bien sur leur développement physique (croissance staturale et pondérale) que sur leur développement intellectuel (développement du cerveau et cognitif). L’Office national de nutrition (ONN) met les mères et futurs mères en garde. Cette entité souligne  dans son guide de santé et nutrition des enfants et des mères que, «les carences en vitamines et micronutriments ne sont pas toujours visibles mais peuvent avoir des conséquences graves sur la santé de la mère et de l’enfant».

En guise d’exemple, des carences en iode peuvent entraîner des handicaps physiques et mentaux chez l’enfant, un accouchement d’enfant mort-né ou encore des fausses couches. Raison pour laquelle, il est indiqué aux femmes enceintes d’adopter un régime équilibré complet durant la grossesse, en mangeant un repas de plus tous les jours, soit quatre repas, surtout pendant le dernier trimestre, tout en enrichissant le plat de base avec des aliments riches en fer et en vitamine A et en utilisant des sels iodés…

Agir dans les premiers 1.000 jours de l’enfant

Le retard de croissance ne peut être rattrapé après que l’enfant ait atteint l’âge de 2 ans. On peut pourtant renverser la tendance, via des interventions simples et efficaces à mener durant ses premiers 1.000 jours, période la plus appropriée pour agir sur la malnutrition où se produit le développement maximal des potentialités physiques et intellectuelles de l’enfant.

Sur ce, les médecins conseillent toujours les mères de pratiquer l’allaitement exclusif durant les six premiers mois du bébé et d’introduire des aliments adaptés à son âge à partir de son huitième mois. A ce moment,  il faut adopter une alimentation variée et équilibrée en quantité et en qualité, tout en faisant recours au sel iodé et en respectant les règles d’hygiène. Ainsi, le responsable qui prend en charge la malnutrition au sein de l’ONN a fait savoir qu’on peut récupérer la défaillance du développement cérébral des enfants de moins de trois ans à l’aide de l’iode. Au-delà de cette  période, on ne peut rien faire. Et les conséquences ne se répercutent pas uniquement sur l’avenir de l’enfant concerné mais aussi sur le développement socio-économique du pays. Sachant que la capacité de production des personnes atteintes de malnutrition chronique diminue de 10% par rapport à celle des personnes non affectées par ce problème.

Notons que l’état nutritionnel de l’enfant est évalué au moyen de trois indices dont la taille par rapport à l’âge, le poids par rapport à la taille et le poids par rapport à l’âge.

Seuls 50% des PNNC sont fonctionnels

Insuffisance de budget oblige. Presque la moitié des 6.000 centres «Programme national de nutrition communautaire» (PNNC) ont dû fermer leurs portes, faute de financement. Pourtant, ces centres installés à travers le pays, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national d’action pour la nutrition (Pnan II), tiennent un rôle important dans la lutte contre la malnutrition. Ces centres ont pour rôle de contribuer à la réduction de la prévalence de l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de cinq ans et de l’insuffisance de poids à la naissance suivant les objectifs spécifiques de la stratégie n°2 du Pnan. Ceci, par le biais d’un renforcement des interventions à base communautaire à travers une stratégie de proximité et d’intensité.

Selon les explications du responsable communication pour le changement de comportement au sein de l’ONN, Harilalao Razafimandimby, «les centres PNNC, installés dans les zones éloignées des centres de santé, permettent de prévenir et de prendre en charge la malnutrition chronique chez les enfants. Différentes activités, comme le suivi de la croissance des enfants ou encore les conseils sanitaires et nutritionnels aux mères de familles…y sont proposées. Le PNNC propose également un programme de vulgarisation des cultures vivrières

variées».

Pour l’Office national de la nutrition (ONN), «cette insuffisance de ressources est la suite logique de la régression, d’année en année, du budget alloué au secteur. Ceci ne représente, actuellement, que le quart du budget initial de l’Office au départ, soit en 2004. Cette situation amène les observateurs à dire que la nutrition ne figure pas parmi les priorités des pouvoirs qui se sont succédé, malgré les messages que les statistiques nous transmettent. Toujours est-il que, plus de 4 millions des cas de maladies des enfants en 2013 sont liés à la malnutrition. En outre, 43,9 % de la mortalité des enfants de 0 à 59 mois est associée à la malnutrition. Les enfants malnutris perdent 1,6 année scolaire par rapport aux enfants de leur âge. Ce n’est pas tout, 8 millions d’adultes souffrent des conséquences de retard de croissance… Tout l’impact de la malnutrition crée un manque à gagner qui peut s’élever à hauteur de 1,5 milliard de dollars par an».

Notons que selon l’enquête de  suivi des OMD (EnsOMD 2012), le taux de malnutrition des enfants de moins de cinq ans se situe, actuellement, à 47,3%. La Grande île ambitionne de le réduire de 33%. Cela induit qu’il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine.

Plus de 120 enfants pris en charge

Réduire de 50% le taux de malnutrition chronique chez les enfants de moins de cinq ans durant ses 1.000 premiers jours. Tel est  l’objectif du centre PNNC, installé dans le fokontany de Tsaratanàna, dans la commune rurale de Vivaninkarena Antsirabe. Opérationnel depuis 1999, ce centre prend actuellement en charge quelque 120 enfants par an. « Le centre ouvre ses portes à ces bénéficiaires deux fois par semaine durant lesquelles différentes activités ayant trait à l’éducation sanitaire et nutritionnelle, suivant l’âge des enfants, y sont proposées », a informé Alice Ralisoa, responsable de l’ONG Vero, partenaire du centre PNNC dans la mise en œuvre de ce programme dans ce village. «Les conseils des agents communautaires sont importants pour les gens du village, surtout dans la prévention des différentes sortes maladies des enfants dans la mesure où le centre de santé le plus proche se situe à plus de cinq kilomètres du village», a fait entendre le président du fokontany de Tsaratanàna, Charles Ranaivo.

Les thèmes abordés changent chaque mois. A l’issue d’une visite effectuée, la semaine dernière, au centre PNNC Tsaratanàna, en marge d’une formation organisée par l’ONN à l’intention des gens de presse, les mères de famille assidues ont affiché une bonne maîtrise des messages inculqués. Bon nombre d’entre elles mettent en pratique leurs acquis dans la vie quotidienne et deviennent créatives dans la recherche de nouveaux menus équilibrés et variés pour nourrir leur famille afin de prévenir la malnutrition. C’est le cas de Fanja, une jeune mère de deux enfants, qui  a adhéré le projet de création de jardin maraicher qui lui permet de diversifier les aliments, notamment l’igname jaune qui fournit plusieurs vitamines et minéraux. Mis à part l’apprentissage des techniques culinaires, les mères fréquentant le centre PNNC à Tsaratanàna ont également l’opportunité d’être formées sur la conservation des aliments.

Elevage aviaire pour une source de revenu supplémentaire

Dans le cadre de la lutte contre la malnutrition, l’ONN a mis en œuvre un projet qui consiste à appuyer les paysans vulnérables dans quelques fokontany enclavés, notamment de Tsaratanàna, Antsirabe. Dans ce village, les huit ménages bénéficiaires du projet sont initiés à développer l’élevage aviaire, non seulement pour améliorer leur situation nutritionnelle mais également pour leur permettre d’avoir un revenu supplémentaire. «Via ce projet, qui est actuellement à sa phase pilote, l’ONN compte diminuer le taux de malnutrition chronique des ménages ciblés et améliorer leur revenu, puisqu’ils ont le droit de consommer et aussi de vendre une partie de leurs produits», a souligné le responsable de l’ORN Vakinankaratra, Ndranto Tsiverizo.

Ledit projet, mené depuis octobre 2015, porte actuellement ses fruits. Un des ménages bénéficiaires qui ont commencé à élever 5 poulets, arrive, actuellement, à en produire près de 100 têtes après avoir reçu les formations nécessaires dans le développement de son activité.  Les éleveurs commencent pourtant à avoir des difficultés dans la gestion de leur parc d’élevage, notamment en termes de nourriture. Raison pour laquelle, l’ONN, par le biais de l’Office régional de nutrition (ORN) de Vakinankaratra compte leur donner des formations supplémentaires en matière de gestion de projet, à partir de cette semaine.

Page réalisée par Fahranarison

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