Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Reflet – Mesures d’accompagnement du protocole sucre : Ambilobe à l’ère du changement

Reflet – Mesures d’accompagnement du protocole sucre : Ambilobe à l’ère du changement

Lancé en 2013, le projet « Mesures d’accompagnement du protocole sucre » (Maps) en faveur des producteurs de canne à sucre de Madagascar en est maintenant à sa quatrième année de mise en œuvre. Ce projet intervient dans le périmètre de la Basse-Mahavavy, constitué de 18.000 Ha de périmètre irrigué. Arrivés au terme de leur mission, les responsables brossent un bilan de l’intervention.

17 milliards de l’Union européenne

Le district d’Ambilobe est réputé pour sa production en riz et en sucre. Cette potentialité peut être augmentée si certaines mesures comme la suffisance de l’approvisionnement en eau sont mises en œuvre. En effet, depuis une trentaine d’années, des villages d’Ambilobe à l’instar d’Ambodibonara et d’Anjiabe ont été privés d’eau, entrainant l’arrêt des activités principales des villageois, à savoir la riziculture et la culture de la canne à sucre.

Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, l’Union européenne a décidé d’octroyer un financement de 17 milliards d’ariary pour la mise en œuvre du projet Maps dans cette région. L’un des grands aménagements régionaux de France, le Bas-Rhône-Languedoc (BRL-Madagascar), en tant qu’assistant technique et l’ONG «Ezaka ho an’ny Fampandrosoana ny ambanivohitra» (Efa), responsable du volet formation, et de la dotation des matériels et des engrais ont collaboré pour sa réalisation.

Pour rappel, le Maps consiste en «La réhabilitation du périmètre de la Basse-Mahavavy, avec l’appui technique et socio-organisationnel des associations des usagers de l’eau, pour le renforcement des capacités de la structure commune de gestion du réseau».

Afin de dresser un bilan des quatre années de mise en œuvre du projet, les responsables locaux et les bénéficiaires ont organisé la «Basse Mahavavy magnova», un évènement ayant permis aux autorités étatiques conduites par le secrétaire général du ministère auprès de la Présidence chargé de l’Agriculture et de l’élevage (MPEA) de constater de visu les changements positifs apportés par ledit projet.

Cinq communes situées dans le district d’Ambilobe bénéficient de ce projet, en l’occurrence Anjiabe, Ampondralava, Mantaly, Antsohimbondrona et Ambodibonara. Selon les explications du responsable auprès du BRL, Herimahefa Andriamanantsoavina, Maps permet de «réduire la pauvreté, d’équilibrer la balance commerciale, d’améliorer la filière sucre sur le marché intérieur, d’accroître et de pérenniser le revenu généré par la filière sucre à travers le développement et l’amélioration de la production cannière».

Approvisionnement équitable en eau

Le conflit opposant l’usine sucrière Sucocoma aux paysans du district d’Ambilobe, dans la région Diana est résolu. En effet,  grâce aux nouveaux partiteurs d’eau, le débit destinée aux paysans et à l’usine est équitablement partagé. Les deux parties peuvent surveiller la répartition de l’eau, avec l’aide des techniciens représentant les paysans et la Sucocoma.

Actuellement, la population locale peut se consacrer sans problème à leurs activités de subsistance. En effet, le bilan du projet est positif tant pour la population que les partenaires techniques et financiers (PTF), sur le plan de la réhabilitation des infrastructures et les conditions socio-organisationnelles.

Après quatre ans de mise en œuvre, l’impact du projet sur l’augmentation du débit en matière d’approvisionnement en eau est considérable.

Suite à l’installation de la vanne-wagon, le débit de la prise d’Andavakantsantsa est passé de 6 000 à 16 000 litres/seconde. Une centaine d’ouvrages sur les canaux primaires et secondaires dans le domaine paysan ont été réhabilités. 83 km de ces canaux ont été curés. L’eau arrive désormais au niveau de la tête des prises des canaux tertiaires.

A l’initiative des usagers, des travaux de curage de ces canaux tertiaires ont été effectués et l’extension des surfaces irriguées se fait progressivement. La culture de contre-saison peut actuellement être pratiquée, d’où la possibilité de faire 2 à 3 cultures par an.

«Actuellement, le canal dénommé Malahelo a été rebaptisé Maharavo car nous n’avons pratiquement plus de problème d’eau», a témoigné un paysan relais, Jaoba Hasimany. Ce père de famille a pu augmenter sa production de riz grâce à l’approvisionnement en eau mais également sa formation en système de riziculture de contre-saison, entrant également dans le cadre du Maps. Actuellement, Jaoba Hasimany arrive à produire 516 kg de riz sur ses 0,17 ha de rizières avec ce système.

Des associations formalisées

Au cours de la mise en œuvre de ce projet, sept unions regroupant 30 associations des usagers de l’eau (AUE) ont été constituées. Une structure commune de gestion regroupant ces unions et la Sucocoma est mise en place pour la gestion des canaux primaires.

Par ailleurs, la fédération des cultivateurs de canne à sucre (FBMF) regroupant 94 associations de planteurs de canne à sucre et forte de 821 membres a été appuyée et accompagnée par des renforcements de capacités et des formations.

La fédération des riziculteurs «Mahavavy Tia Fandrosoana» (MTF) a également été constituée, formée et accompagnée en quatre ans. Elle est actuellement constituée de 108 associations de riziculteurs formalisées.

Six associations regroupant 106 membres à la fois planteurs de canne et riziculteurs sont venues grossir les rangs des associations paysannes.

Toutes ces structures ont bénéficié de sessions de renforcement des capacités  techniques et organisationnelles, selon leurs attributions.

Le roi Tsimiharo III donne sa bénédiction

Le projet Maps a transformé les villages et communes au sein du district d’Ambilobe. Mises à part les réalisations sur les canaux tertiaires, grâce à l’utilisation de la drague suceuse ou encore du déssableur, les villageois bénéficient aujourd’hui de 15 passages à zébus. Ces infrastructures permettent aux zébus de s’abreuver et de se reposer entre deux durs labeurs. Ainsi, ils ne pourront plus boire au niveau des autres canaux de conduite d’eau.

Une discipline a été instaurée entre les villageois avec une sanction de 5000 Ar par tête si un bœuf est pris en train de s’abreuver dans d’autres endroits.

Le roi Tsimiharo III, conscient de l’importance de cette révolution dans les activités de subsistance de la population a interpellé les villageois et les a exhortés à prendre soin de ces acquisitions.  Ce «raiamandreny» qui règne depuis 33 ans maintenant a par ailleurs félicité les bailleurs et les dirigeants pour leur initiative à contribuer à la lutte contre la pauvreté à Ambilobe. Il a manifesté sa volonté de travailler étroitement avec les partenaires techniques et financiers, ainsi que le régime actuel.

Madagascar, futur grenier de l’océan Indien

La réhabilitation du réseau hydro-agricole a permis aux riziculteurs de la plaine de la basse Mahavavy de faire deux cultures annuelles, la riziculture de saison durant la période des pluies et la riziculture irriguée de contre-saison durant la saison sèche, avec un rendement rizicole de 4 tonnes à l’hectare.

«Mais nous pouvons encore améliorer ce rendement en portant la production à 6 tonnes à l’hectare», a lancé le secrétaire général du ministère auprès de la Présidence chargé de l’Agriculture et de l’élevage, Pierrot Serge Randrianaritiana. Ce haut responsable a profité de l’occasion pour exposer la politique de son département, laquelle a pour but premier de faire de Madagascar une nation prospère grâce à une politique d’élevage et d’agriculture triomphante.

Il n’a pas manqué de féliciter les villageois d’Ambilobe d’avoir contribué largement à la réussite du projet Maps. «Mais nous nous devons d’élargir notre horizon et de chercher d’autres moyens pour subvenir à nos besoins. Notre objectif est de faire de Madagascar le grenier à riz de l’océan Indien», a-t-il déclaré.

Pierrot Serge Randrianaritiana n’a pas manqué de louer les efforts des partenaires techniques et financiers (PTF) qui ne ménagent pas leurs efforts dans la lutte pour l’éradication de la faim et de la pauvreté dans le pays. Il faut savoir que les projets de lutte contre la pauvreté et appuyés par les PTF sont répartis aux quatre coins de l’île. «L’Union européenne travaille à Ambilobe, le Fida a choisi Morondava, la Banque africaine de développement (Bad) œuvre dans le Bas-Mangoky, tandis que la Banque mondiale est établie dans la Sava», a conclu ce responsable.

A noter qu’une manifestation socioéconomique dénommée «Festival des cannes» clôturera ce projet en octobre prochain.

Page réalisée par Nadia

Les commentaires sont fermées.