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Lutte contre la corruption : le Bianco attend plus de l’Etat

Lutte contre la corruption  : le Bianco attend plus de l’Etat

Les engagements doivent se traduire en actes tangibles. Ce point figure parmi les recommandations du Bianco pour mieux lutter contre la corruption.

« Le leadership et la volonté de l’Etat doivent se traduire en des actes concrets. La nouvelle stratégie exige des gouvernants de doter des moyens nécessaires les différentes entités de lutte contre la corruption », telle est la première recommandation du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), consignée dans un document distribué lors de la présentation du rapport d’activité de cet organe, hier dans les locaux du ministère des Affaires étrangères à Anosy. Les recommandations soulignent également que « La Présidence et la Primature devront en être le fer de lance avec l’adoption de mesures anti-corruption à leur niveau, se posant de ce fait comme modèle du combat contre ce fléau » ; et que « Ces institutions doivent également s’assurer de la mise en place du nouveau cadre juridique de la lutte contre la corruption par l’application effective des reformes exigées ».

C’est un secret de polichinelle, en effet, les activités du Bianco ne font pas que des heureux. Les responsables au niveau de cet organe font souvent face à des défis insurmontables lors des investigations qu’ils diligentent à propos de telle ou telle personnalité. « Il est toujours difficile de mener des investigations à terme. Parfois, il faut deux ans ou plus », a déclaré le numéro un de cette entité, Jean-Louis Andriamifidy. Néanmoins, il a noté que le Bianco fera le nécessaire. « Nous avons auprès du Bianco établi un plan de travail allant dans ce sens. Pour avoir des résultats probants et dans de meilleurs délais », a-t-il ajouté.

Impunité

Outre les délais impartis, le Bianco fait également face à des défis tels que la réticence des concernés à collaborer pour établir la véracité des informations. A ce titre, le DG du Bianco a pris comme exemple l’affaire des mouvements de « mallettes » auprès de l’Assemblée nationale. « Nous avons demandé à entendre un élu auprès de la Chambre basse mais jusqu’ci nous n’avons obtenu aucune réponse, alors que son témoignage pourrait s’avérer indispensable dans la suite de l’affaire », a indiqué Jean-Louis Andriamifidy. Selon toujours ses explications, l’affaire remonte à l’époque de la constitution de l’actuel bureau permanent de l’Assemblée nationale.

Le sentiment d’impunité chez certaines personnalités figure également parmi les handicaps à surmonter par l’institution d’Ambohibao. « Nous ne sommes pas les seuls à constater l’existence des cas d’impunité. C’est le signe de la faiblesse de la lutte contre la corruption, comme le dit l’adage la sagesse commence par la peur du gendarme donc, s’il n’y a pas de peur du système, les gens continuent à corrompre », a-t-il expliqué. Dans son rapport, le Bianco recommande à ce sujet que  le renforcement de la répression et de tous les organes concernés par la répression est également nécessaire car la faiblesse des sanctions, et donc la persistance de l’impunité des fraudeurs, a été le point d’achoppement de la précédente stratégie avec les conséquences inévitables sur la crédibilité de l’Etat, l’instabilité politique et la détérioration de l’image du pays auprès de ses partenaires étrangers.

Le Bianco n’entend cependant pas se laisser abattre par les défis qu’il doit relever. Cette année, l’organe compte d’ailleurs s’attaquer à des chantiers dont les bases ont déjà été jetées l’année dernière. C’est le cas de la concrétisation du document de Stratégie nationale de lutte contre la corruption, la loi sur la déclaration de patrimoine, l’amélioration de la Chaîne pénale anti-corruption, ou encore la mise en place d’un pôle anti-corruption. « Nous allons poursuivre la sensibilisation dans plusieurs volets tels que la communication institutionnelle à travers l’approche sectorielle ». A ce titre, « Le renforcement de la répression a un effet préventif dans la lutte contre la corruption », recommande le Bianco.

Jao Patricius

Des secteurs décriés

Sans surprise, les secteurs les plus touchés par la corruption sont presque les mêmes tous les ans. Il s’agit notamment des collectivités décentralisées, la gendarmerie, l’éducation ou encore la justice. « Les principaux secteurs décriés en matière de pratique de corruption et dénoncés pendant l’exercice 2015 sont la Gendarmerie nationale, les Collectivités territoriales décentralisées, l’Education, la Justice, les services fonciers : domaines et services topographiques ; et l’environnement, Eaux et Forets », révèle d’ailleurs le Bianco. Selon cet organe, toutefois, le petit nombre de doléances reçues pour un secteur ne se traduit pas forcement par un faible niveau de pratique de ce fléau. C’est le cas, entre autres, dans des secteurs tels que la Police nationale, la sante publique, l’agriculture, l’élevage et la pèche, les douanes. « Au contraire, le fait peut s’expliquer par une entente bénéfique entre les deux parties », explique le Bianco.

 

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