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C’est dans la culture

C’est dans la culture

En regardant la télé ou en écoutant la radio où sont diffusés en boucle les nouveaux clips et nouvelles chansons de ces artistes qui poussent littéralement comme des mauvaises herbes, l’on se rend compte que la fièvre du « mora mora » affecte désormais le beau monde de la culture malgache. Pire encore, l’on nous oblige même à coups de matraquage, pour emprunter le terme des spécialistes, à consommer ces œuvres à deux balles qui, à en juger leur rendu, témoignent de la pauvreté de la créativité artistique, du manque flagrant d’éducation littéraire dans l’écriture des paroles et de la déculturation.

Le ridicule ne tue visiblement pas. C’est ce qui explique certainement cette descente aux enfers de la qualité artistique de la plupart des œuvres musicales malgaches de nos jours. Nombreux artistes se livrent à l’exercice de « copier/coller » ou de « traduction ». Cela concerne non seulement les textes, mais aussi la structure musicale et la composition même dans son ensemble. Cela n’a rien à voir avec la contrefaçon, certes, donc ce n’est pas un délit, mais c’est du plagiat qui met par contre en cause la question d’ordre moral de son « auteur ». Et le plagiat n’est pas du tout un art.

Ici, l’on reproche la reprise sans scrupule d’œuvres d’artistes étrangers qui concernent la catégorie musique urbaine, le style rock ou encore la musique évangélique. Mais on pointe également du doigt ces compositions faciles à partir des samples rassemblés en un morceau pour former une petite phrase musicale peu convaincante, le tout, couvert par des textes rêches que l’on force à rimer. Malheureusement, les jeunes investissent beaucoup dans ce vent d’appauvrissement de la créativité et de la culture nationale, dans l’espoir de se faire un nom à la télé et à la radio.

Mis à part leur délit de paresse, l’on ne peut rien en vouloir à ces soi-disant artistes en herbe, parce que l’ouverture incontrôlée au monde extérieur ou la mondialisation barbare est à l’origine de cette déliquescence de la créativité et de la culture malgaches. La mondialisation est effectivement incontournable, mais cela n’aurait pas dû empêcher les autorités de mettre en place une balise pour limiter les éventuels dégâts, comme c’est le cas du renforcement de la place de la culture à travers, entre autres, des ateliers de sensibilisation, de créations et d’écriture musicale. Mais tout cela aurait été voué à l’échec, parce que c’est la culture en soi qui n’a jamais bénéficié de la moindre considération du gouvernement. C’est malheureusement dans la culture des dirigeants.

Vonjy M.

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