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Vie de la nation : le FFKM voit une société en sens dessus-dessous

Vie de la nation  : le FFKM voit une société en sens dessus-dessous

Le message des hommes d’église au sein du FFKM lors de la Pentecôte a été limpide. L’ image de la société malgache actuelle ne favorise pas la réconciliation.

«Le FFKM remarque que  les rumeurs et les mensonges sont devenus légion de sorte qu’on ne sait plus qui dit la vérité

et qui ment. Et beaucoup en profitent pour s’enrichir en utilisant tous les moyens pour étouffer la vérité ». C’était dans le message de Pentecôte du Conseil des églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) adressé à la nation, le 13 mai dernier. A l’instar des évêques dernièrement, les hommes d’église notent que des mauvaises pratiques s’installent dans tous les secteurs d’activité du pays. «Chacun tire partie de ce qu’il estime être normal (…)», a fait remarquer le groupe en faisant référence au non-respect des lois, aux revendications sociales, aux grèves, à l’expropriation des terres ou encore à la domination de l’argent. En somme, « une société en sens dessus-dessous (…). C’est ainsi que les Malgaches vivent actuellement ».

Après les évêques

Au début du mois, les évêques ont dressé le même tableau de vie du pays. Dans un communiqué, ils ont indiqué sans détour : « Notre environnement quotidien s’enfonce de plus en plus dans la violence. Notre pays a perdu l’espoir. Il ne sait plus d’où viendra son salut. Les attaques à main armée sont presque devenues le quotidien de chacun ». La Conférence des évêques avaient aussi noté que « Les richesses nationales sont dilapidées pour ne parler que des trafics de bois de rose, des pierres précieuses, des faunes en voie de disparition.… Aucune loi précise n’est mise en place et la gestion des ressources minières reste floue ».

Des remarques qui s’ajoutent ainsi à une longue liste des critiques adoptées par la société civile mais aussi par une partie de la classe politique du pays à propos de la mauvaise gouvernance au plus haut sommet de l’Etat, en particulier s’agissant de la corruption. L’observatoire de la vie publique, le Sefafi, avait d’ailleurs noté sur ce point : « La corruption dans le monde de la Justice est des plus décriées. Pour la prévenir, les magistrats ont été notamment, à l’instar d’autres hauts fonctionnaires, soumis à l’obligation d’effectuer une déclaration annuelle de patrimoine, et pour la première fois dans les trois mois de leur prise de fonction. Cette obligation est maintenue pendant les deux années suivant la cessation de fonction de l’intéressé ».

A ce titre, les évêques n’y sont d’ailleurs pas allés sur le dos d’une cuillère. « Mensonges et corruptions règnent dans les hautes sphères du pouvoir. La souveraineté nationale est même sacrifiée car les programmes scolaires ne correspondent pas aux besoins nationaux. Ce qui compte, c’est d’avoir des subsides selon la volonté du donateur et les responsables acceptent sans résister que les bailleurs de fonds imposent leurs choix. Les résultats sont désastreux car c’est une “culture de déchets” qui règne : le mensonge, la vengeance et la loi de la jungle sont les règles qui gèrent la vie quotidienne. Le tribunal n’écoute plus les plaintes et cultive une mentalité qui tend vers la vindicte populaire et vers un monde sans foi ni loi (…). Bref, l’unique objectif est de se procurer de l’argent par tous les moyens, et cela à tous les échelons ».

Bref, après la lecture de ces diverses interventions, la situation semble plus qu’inquiétante. Les ténors du FFKM estiment cependant qu’il est encore temps de choisir la voie de la réconciliation. Une réconciliation qui se fera, selon leurs dires, « pas dans l’invective  mais à travers des dialogues et des respects ». Du reste, le FFKM se dit prêt à continuer la réconciliation à travers les fameux 4F.

Jao Patricius

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