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Liberteenage

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Comme tous les ans le 3 mai, consacré comme étant sa journée mondiale, le milieu de la presse se retrouve, cogite, glose, interpelle ou fait son introspection sur l’état de la liberté dans laquelle elle exerce son métier. Et comme chaque année, le constat se révèle plus ou moins accablant pour ce qui est de cette sacrosainte liberté de presse, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression, de pensée, d’opinion, l’accès aux sources… Les craintes se renforcent d’autant plus que l’Exécutif et le Parlement imposeront encore leur touche finale au projet de code de la communication dont les termes ont été validés par les acteurs concernés, mais dont on ne sait s’ils connaîtront des modifications, et si oui, jusqu’à quel point. Autrement dit, la question est de savoir si l’Etat usera de son pouvoir régalien pour restreindre encore plus cette marge de manœuvre de la presse, sous couvert de la responsabiliser. Et portera fatalement préjudice aux libertés fondamentales pour s’accorder un répit… politique de ce côté-là.

Car c’est bien là tout le problème : la notion de « liberté », autant que celle de « fondamental » d’ailleurs, reste bien relative. Particulièrement ces derniers temps, entre mouvements politiques ou politisés et grèves syndicales, le pouvoir fait vite le raccourci et ce, pourtant, dans un contexte où du point de vue de la population, rien ne va. Des rues indignes d’une capitale aux pratiques assassines des taxis-be, en passant par les délestages et coupures d’eaux tout aussi intempestifs que durables, tout a logiquement propension à susciter le ras-le-bol et des rassemblements de contestations. Mais les autorités ont vite fait de couper l’herbe sous le pied de tout le monde en décrétant toute manifestation publique interdite. Il n’empêche que les parties immergées de l’iceberg sont inexorablement apparues et il aura malheureusement fallu qu’un drame survienne sur les routes, ou qu’un haut représentant des institutions publiques se retrouve bloqué par des manifestants, pour que les autorités soient enfin interpellées. Pour quelle réaction ? Tout un chapelet d’apparitions médiatiques pour des mesures et autre volonté de sanctions, alors que depuis des années, le laisser-faire a régné en maître. Que dire si ce n’est que même à vivre dans un même pays, il semblerait qu’on ne recoure pas aux mêmes moyens de transport et on n’emprunte pas les mêmes routes… Et l’on ne s’étalera même pas sur le cas du 1er mai confiné dans un stade ou encore des arrestations pour suspicions de tentatives de déstabilisation.

Bref, au train où vont les choses, la tendance revendicatrice et contestataire de ces dernières semaines se poursuivra, que l’initiative vienne des syndicats ou de simples citoyens. Et les responsables semblent avoir décidé de la parade : systématiquement déployer les forces de sécurité, pour dissuader ou alors casser le mouvement, ce qui ne laisse guère présager une amélioration en termes de libertés fondamentales au pays. C’est la preuve même que les autorités en place montrent sans peut-être le vouloir, des signes particuliers de fébrilité. « Quelque chose à se reprocher ? », se demandera-t-on tout naturellement.

Dans tous les cas, il a été dit maintes et maintes fois que Madagascar n’a recouvré son indépendance que depuis relativement peu par rapport aux autres grands pays. Cela étant, à force d’infantiliser politiquement la population à coups de promesses et de démagogie comme cela a toujours été le cas, puis de l’empêcher de s’exprimer chaque fois que quelque chose va mal, la démocratie malgache restera une éternelle adolescente.

N.R.

 

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