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Une fois n’est pas coutume

Une fois n’est pas coutume

Difficile de croire que Hery Rajaonarimampianina ne briguera pas un deuxième mandat en 2018. Penser le contraire relève d’une pure illusion, et le voir démissionner bien avant et espérer une élection anticipée le sont encore plus. Certes, sur la corde raide et tout le temps sur le qui-vive, le régime actuel ne se laisse pas pour autant intimider et essaye tant bien que mal de faire face à la situation actuelle. Trois ans auparavant, plus précisément après l’investiture du président de la République, la population a bien compris et pris conscience du sens de l’expression « Rome ne s’est pas faite en un jour ». Il n’est pas facile de reconstruire le pays suite à la crise politique.

Mais au fil des années, après trois ans d’attente et d’espoir, nombreux commencent à perdre patience. La tension sociale qui règne actuellement en témoigne. Les greffiers, les agents pénitentiaires, les enseignants, les taxis-be, les gens du quartier et aux dernières nouvelles, les syndicats des fonctionnaires qui prévoient des manifestations inédites à l’occasion du 1er mai, fête du travail, tout le monde est en train de demander des comptes à l’Etat. Et le grand déballage des politiques ne fait qu’attiser le feu du mécontentement. Pour ces derniers, les critères sont remplis pour inciter la population à descendre dans la rue. A part les coups d’Etat, les révolutions populaires sont la hantise de la majorité des régimes en Afrique.

Les rumeurs sur un éventuel débordement et des actes de pillage sur fond de manifestation publique sans oublier les bruits à prendre au conditionnel d’un coup d’Etat, servent de motifs légitimes pour le régime de priver les gens de la liberté de manifester. Toute manifestation publique à caractère revendicatif sans autorisation est interdite. Et les forces de l’ordre ne vont pas hésiter à réprimer les Malgaches qui s’obstinent à s’opposer à cette décision. En un mot, le régime n’a pas l’intention de se laisser faire et va user de ses forces et de ses pouvoirs jusqu’en 2018.

Force est de constater qu’aucun nouveau président élu démocratiquement en Afrique ne jette les gants après le premier round. Et encore, on ne lâche pas prise durant le deuxième. « J’y suis, j’y reste » semble être le mot d’ordre de la majorité des chefs d’Etat africains au pouvoir. Et il suffit de retoucher la Constitution et le tour d’un troisième mandat et même d’un mandat à vie en faveur d’un président sortant est joué. Une fois n’est pas coutume.

J.R.

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