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On connaît la chanson

On connaît la chanson

Les forces de l’ordre prennent donc le taureau par les cornes ? Une interdiction générale de toutes manifestations publiques prendra effet à partir de ce jour dans la capitale. Dommage pour les syndicats autres que ceux des transporteurs, des greffiers ou encore des agents pénitentiaires. Ils n’auront plus la chance de se faire entendre comme les transporteurs du côté d’Ankadimbahoaka, car pour eux le message est passé et l’essentiel a été dit.

Désormais, un régime proche de la dictature règnera dans la capitale et qui sait dans tout le pays, parce que le pouvoir entend interdire la forme la plus banale de toute manifestation de la liberté d’expression : la grève et les manifestations populaires. Ce sont pourtant des droits garantis par la Constitution en vigueur. Mais l’on connaît tous la chanson. Les forces de l’ordre doivent garantir la protection des personnes et de leurs biens, voilà pourquoi elles doivent interdire toutes ces manifestations, de peur que des casses aient lieu.

Ainsi, l’on se demande si c’est bien cela le combat que le nouveau gouvernement récemment nommé entend livrer ? Interdire aux citoyens de manifester leur mécontentement et leurs revendications contre les pratiques que l’on ne peut plus tolérer, qui ne peuvent plus rester impunies. Plus d’un se souviendra de la manifestation des transporteurs et usagers de la route d’Ambohipo qui intervenait à quelques jours du limogeage de l’ancien Premier ministre, Jean Ravelonarivo. Au vu de cette mesure prise récemment au niveau de la Gendarmerie nationale donc, l’on se demande bien si ce n’était pas à cause de son laxisme que l’officier général de l’armée de l’air a été contraint de jeter les gants…

Ce n’est effectivement pas aujourd’hui que l’on constate un tel coup de tête de ceux qui sont au pouvoir quant à l’interdiction des manifestations populaires et à la limitation de la liberté d’expression. C’est une tradition, pour ne pas dire une très mauvaise habitude des différents dirigeants qui se sont succédé au pouvoir. Mais au final, cela ne leur a pas permis de rester éternellement à la direction de la gestion de l’Etat. Et si l’on ne parle que du régime actuel, cette mesure ne lui posera qu’une difficulté de plus dans la situation très difficile dans laquelle il s’est engagé tout seul, parce qu’il s’agit d’un régime en quête d’une reconnaissance et adhésion et n’est pas encore en mesure de s’imposer en quoi que ce soit.

En tout cas, la leçon que les politiciens, voire les dirigeants doivent retenir est que le dernier mot ne leur appartient pas du tout. Il revient toujours à la population, que ce soit par la voie des urnes ou par la voie de la rue. Si l’on veut vraiment prendre le taureau par les cornes, il faudra d’abord réfléchir à deux fois comment le tenir.

Vonjy M.

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