Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Échanges commerciaux : le troc, une pratique qui persiste encore

Échanges commerciaux  : le troc, une pratique qui persiste encore

En ce troisième millénaire des temps modernes, une pratique en cours depuis la nuit des temps persiste encore, en l’occurrence le troc ou « takalo », aussi bien en milieu urbain que rural.

C’est un judicieux système d’échange que l’on peut estimer être adapté à notre économie, qualifiée de pauvre, où la circulation monétaire reste limitée. En milieu rural, sur les hautes terres, ce système tourne autour de la culture du riz, c’est-à-dire durant les deux saisons de production annuelle. Au mois de décembre ou janvier pour le « vary aloha » ou riz précoce, et au mois de juin pour le « vakiambiaty » ou riz de deuxième saison. Comme la production se trouve un peu décalée à cause du retard de l’irrigation et de la pluie, ce n’est que durant ce mois d’avril que les adeptes de ce système s’activent, notamment ceux qui habitent dans la partie Ouest de la capitale, longeant la RN1.

D’après une mère de famille habitant à Imerintsiatosika qui répond au nom de Marthe, avec une trentaine d’années derrière elle dans le métier, l’activité consiste dans un premier temps à amener de la viande, des haricots secs, des balais, des sacs, des savons, ainsi que du sucre, bref tous les produits de première nécessité durant la période de préparation des rizières ou de la moisson. Dans un deuxième temps, des articles de mode, la plupart du temps des friperies, des articles ménagers et des jouets lorsque le riz est récolté. « L’unité de mesure utilisée dans ce système est le ‘daba’- un bidon d’une contenance d’environ 8 kg de riz pilé-. Ainsi, un ‘daba’ équivaut à 1kg de viande », a expliqué hier notre interlocutrice.

Dans son métier cette troqueuse se lève tôt le matin, aux environs de 4h, pour mieux s’adonner à ses préparatifs. En effet, il faut prévoir une marche d’au moins une heure de temps à travers les champs et les montagnes avant d’arriver dans les villages où l’échange a lieu. A son retour des hommes contactés par téléphone et munis de leur charrette, selon l’importance du riz collecté, l’attendent pour la manutention. Un surplus qu’il faut aussi prévoir dans l’investissement.

Le Sud, une victime

Comme les habitants du Grand Sud n’ont pas d’argent en pleine période de « kere », ils sont obligés de vendre leurs biens comme les bœufs (une renommée de cette région) et les chèvres, voire même leurs ustensiles de cuisine. Et il n’est pas rare que des trocs s’opèrent dans ces conditions. Profitant de la situation, les troqueurs n’hésitent pas à s’offrir deux à trois bœufs de plus 160 kg de chaque contre la somme 240 000 ariary seulement, si dans d’autres lieux, avec le double de ce prix, on n’obtient qu’un seul animal de petite taille, selon les témoignages des habitants de cette contrée.

Gagnant-gagnant

Dans la capitale, cette pratique s’effectue à la criée. « Takalo ê ! », peut-on entendre le long des ruelles de la capitale. En principe, les citadins troquent leurs « vide-greniers » avec des appareils électroménagers ou des ustensiles de cuisine neufs. L’affaire se conclue selon l’art du marchandage de part et d’autre des concluants. Une affaire où en général les deux parties sont mutuellement gagnantes. Les citadins sont satisfaits de s’être débarrassés de ce dont ils n’ont plus besoin avec en contrepartie des objets neufs, et les troqueurs d’avoir récupéré à moindre frais des articles qu’ils espèrent encore revendre à un prix trois à quatre fois supérieur.

Sera R.

Les commentaires sont fermées.