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Madagascar il y a 100 ans : à M. qui de droit (1)

Vous devez savoir, Monsieur, – et, si vous l’ignorez, vos lecteurs, pour sûr, ne l’ignorent pas, – que divers articles de première nécessité font défaut sur la place de Tamatave. Si tous ne sont pas directement indispensables à la vie économique, ils le sont indirectement.

En voici un exemple :

Des maisons, dont je suis propriétaire et que je loue, ont besoin de réparations urgentes, et, comme c’est leur droit, mes locataires menacent de les quitter si je ne les fais pas réparer. Or, des madriers et des planches, il y en a sur place ; quand ce ne serait que ceux et celles qui remplissent les dépôts de MM. Goldoni et Dechamp et qui suffiraient à tout Tamatave ; mais il faut des pointes pour les fixer. C’est là qu’est le clou – sans calembour. Si vous parcourez les magasins de la ville, tous les magasins, y compris les mieux assortis, vous n’y trouvez pas une pointe, pas une seule, alors même que vous en offririez cent francs.

Désappointé, vous pestez contre tout le monde surtout quand vous savez que ce ne sont pas précisément les pointes qui manquent à Tamatave. Mais… il y a toujours un mais dans ce diable de pays… Mais ces pointes se trouvent dans les magasins boches : il y en a des quantités, des grandes, des petites, des moyennes, de quoi donner satisfaction à tout le monde. Elles dorment là sous la scrupuleuse vigilance des séquestres, parce que des pointes, ça ne s’avale pas… C’est pas des liqueurs.

Or, comme les pointes manquent depuis longtemps dans les autres magasins, d’honorables commerçants de notre ville ont présenté, il y a quelque temps, requête au Tribunal, pour que fût autorisée la vente desdites pointes avec d’autres articles. Et, faisant droit à cette requête, un jugement autorisa cette vente.

Mais… n’ai-je pas dit qu’il y avait toujours un mais… M. Lebureau, militaire, supputa que peut-être, – un jour, – il aurait besoin de pointes, et il s’empressa de mettre l’embargo sur celles qui allaient être vendues, sur le stock tout entier.

Les Tamataviens en furent donc pour leurs frais et durent se passer de pointes. Cela prouve une fois de plus que les Allemands étaient les seuls à fournir au marché de Tamatave cet article, ainsi que bien d’autres, made in Germany.

(À suivre.)

Le Tamatave

www.bibliothequemalgache.com

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